Coût de115 millions d'euros par an à la France pour la Grèce

Publié le

PARIS (Reuters) - L'accord conclu lundi par l'Union européenne sur la réduction de la dette grecque coûtera au moins 115 millions d'euros par an à la France du fait de la réduction des taux d'intérêt consentie, a déclaré mercredi Pierre Moscovici.

Mais le ministre de l'Economie s'est refusé à chiffrer le manque à gagner, pour les finances publiques, provoqué par le reversement à Athènes des gains enregistrés par les banques centrales de la zone euro sur leurs achats de titres grecs.

"Il faudra qu'on fasse les calculs au sein de l'Eurosystème pour voir ce que ça représente pour chaque banque centrale", a-t-il dit lors d'un point de presse. "J'ai lu des chiffres ce matin que je ne confirme pas."

Le Figaro a évoqué ainsi un manque à gagner de 500 millions d'euros pour la Banque de France, dont l'Etat français est l'unique actionnaire.

Dans une note, Eric Dor, directeur de la recherche à l'Ieseg School of Management, estime pour sa part que le manque à gagner pour la Banque de France, et donc pour l'Etat français, serait de l'ordre de 1,42 milliard d'euros, "étalés sur plusieurs années".

La France a prêté directement près de 11,4 milliards d'euros à la Grèce en plusieurs tranches et les 135 millions d'euros mentionnés par Pierre Moscovici correspondent à la diminution de près d'un point des taux d'intérêt de cette dette.

Pour Eric Dor, les profits réalisés potentiellement par la BCE et les banques centrales nationales de l'Eurosystème sur leur détention d'obligations grecques sont estimés à sept milliards d'euros.

A supposer que la part de la Banque de France dans ces profits "soit proportionnelle à la fraction qu'elle détient de la partie du capital de la BCE détenue par des pays de la zone euro, elle aurait reçu quelque 20,32% du total", soit près de 1,42 milliard d'euros.

Le dernier volet de l'accord de lundi porte sur la baisse de 0,1 point du coût de la rémunération par la Grèce des garanties des autres pays de la zone euro aux emprunts (73,9 milliards d'euros) qu'elle a contractés auprès du FESF, le fonds de solidarité financière de la zone euro.

La part de la France dans ces garanties est de 21,83%, soit l'équivalent de 16,1 milliards.

"Une réduction de 0,1% de la rémunération demandée à la Grèce pour les garanties reporte une plus grande partie du risque sur les autres pays, sans leur infliger de perte effective aussi longtemps qu'on échappe à l'activation des garanties", souligne Eric Dor.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

Imprimer

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin envoyer à un ami

Les articles liés :

La crise de la zone euro profite aux finances allemandes
par Jan Strupczewski BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants du nord de l'Europe s'en plaignent régulièrement: ils ne veulent pas payer le prix des difficultés d'autres pays de la région, un discours désormais largement répandu chez […]

Le différend UE-FMI sur la Grèce ravive les inquiétudes
par Jan Strupczewski et Annika Breidthardt BRUXELLES (Reuters) - Un conflit ouvert entre les bailleurs de fonds de la Grèce sur les moyens de rendre la dette du pays soutenable à long terme retarde le versement d'une nouvelle tranche […]

Danone met les bouchées doubles sur le yaourt aux Etats-Unis
Dopé par le phénomène du "yaourt grec", le marché affiche une croissance de 10 % par an. Le groupe français a investi 300 millions de dollars depuis 2011 pour augmenter ses capacités industrielles. Les rayons des yaourts s’agrandissent […]

Effectuer une autre recherche

Rechercher

Identifiez-vous