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Copenhague nous voilà

Le 07 décembre 2009 par Ana Lutzky
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Copenhague nous voilà
Ce matin, le sommet du climat s’est ouvert pour tenter de répondre en 14 jours à la question suivante : combien.  De combien de tonnes de CO2 chacun est-il prêt à réduire ses émissions ? Combien d’argent les plus riches sont-ils prêts à mettre sur la table pour les plus vulnérables ? Sous ces deux questions simples, des sujets que les industriels doivent prendre à bras-le-corps, et que notre guide met à la portée de votre souris. Evoquer le sommet, c’est un peu ajouter du charbon à Newcastle, note de façon peu écolo l’éditorialiste Alexandre Adler : le sujet écrase tous les autres en une des journaux du globe. 56 journaux dans 45 pays se sont d’ailleurs fendus d’un éditorial commun pour souligner l’urgence climatique. (un édito sous licence creative commons, pour rester dans l’appel à l’appropriation de l’enjeu par tous ). Cette fichue « responsabilité commune mais différenciée » qui a failli mettre les quelques espoirs d’accord international par terre, tant la Chine et l’Inde reculaient à payer quoi que ce soit pour une révolution industrielle que d’autres ont pu accomplir sans entraves vertes.

Mais les lignes ont bougé. Finalement, Barack Obama ira au sommet au même moment que les chefs d’Etat de la planète pour la dernière journée, le 18 décembre, plutôt que le 9 décembre. L’Inde et la Chine semblent bien moins renfrognées sur le sujet que voici deux semaines. De quoi donner de belles chances à un accord politique sur la réduction des émissions de CO2. Parmi les ambitieux, le Brésil (-23% en 2020 par rapport à 2005), la Norvège (-40% en 2020 par rapport à 1990) et le Japon (-25% en 2020 par rapport à 1990). A Paris, on se dit même prêt à pousser à 30% au niveau européen en cas d’ambitions larvées des plus gros émetteurs pour emporter l’adhésion. Ce qui donnera une bonne syncope aux industriels et à Bercy, prompts à résoudre l’équation par des compensations hors territoire. L'Afrique du Sud vient déjà de proposer de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 42% d'ici 2025 si les pays émergents reçoivent une aide pour le développement des énergies propres.

Uruguay et Bolivie, à gauche toute
Pendant que les écoutilles de la planète copenhaguent, que Greenpeace et Sortir du Nucléaire mettent l’atome à l’agenda, l’Amérique Latine vibre aux élections présidentielles. Le résultat fait pencher l’échiquier politique latino-américain du même côté. Les deux candidats plébiscités par leurs électeurs la semaine dernière sont en effet l’ex-guérillero Pepe Mujica pour l’Uruguay, puis Evo Morales pour la Bolivie. Candidat à sa réélection, ce dernier s’est en effet déjà proclamé vainqueur, même si les résultats officiels n’arriveront que demain. La révolution bolivarienne se montre décidément plus cavalière que l’héritage des Tupamaros. «Il n’y a ni vainqueur ni vaincu», a salué bon prince le chef de file uruguayen du Frente amplio, coalition de divers partis de gauche. Il a pris rendez-vous dès jeudi avec l’opposition.

Le modèle Hindustan Latex
Tandis que l’économie indienne semble redémarrer ses moteurs, et que les futurs trains sud-africains sont en bonne passe de porter la marque de Delhi, l’Inde privatise ses industries nationales, se réjouit The Economist.  Mais pour les mauvaises raisons, déplore le libéral hebdomadaire économique : pressé de vendre 10% du capital de ses entreprises les plus profitables, l’Etat est plus préoccupé par ses trous budgétaires que guidé par des ambitions d’efficacité de gestion. Pour s’en rendre compte, il suffit de prendre pour contre-exemple l’usine de préservatifs Hindustan Latex, qui a eu l’audace d’innover au sein même du carcan public en proposant des parfums « paan », la populaire feuille de Bétel célébrée depuis belle lurette par l’acteur Bollywood Amithab Bachan.





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Brésil, Russie, Inde, Chine, les BRIC sont l'avenir de la croissance mondiale. De pays émergents, ils sont désormais les pays dominants. La formation de nouveaux blocs renversent les anciens équilibres mondiaux. Ana Lutzky et Pierre-Olivier Rouaud décryptent les nouveaux enjeux géopolitiques au travers du prisme de l'actualité. L'information du monde pour écouter la planète.



 

 

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