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Contraction dans les services et l'industrie dans la zone euro

24/07/2008

par Jonathan Cable

LONDRES (Reuters) - Les secteurs des services et de l'industrie dans la zone euro ont tous deux subi une contraction plus marquée que prévu de leur activité au mois de juillet, et le pire semble encore à venir, selon les indices PMI flash de RBS/Markit.

Ces indicateurs, compilés à partir d'une enquête menée auprès de 5.000 entreprises, vont conforter les craintes d'une stagflation dans la zone euro, la croissance montrant des signes de ralentissement rapide alors les prix du pétrole maintiennent les pressions inflationnistes à un niveau élevé.

L'indice PMI flash du secteur des services est tombé à 48,3 en juillet, son niveau le plus bas depuis cinq ans, contre 49,1 en juin. Les économistes attendaient en moyenne 48,8.

L'indice de l'industrie est ressorti à 47,5 en juillet, contre 49,2 en juin et un consensus de 48,7.

Les deux indices se situent ainsi pour le deuxième mois consécutif sous la barre des 50, qui marque la frontière entre expansion et contraction.

La publication de ces indices provisoires a coïncidé avec l'annonce d'une forte dégradation du climat des affaires dans trois pays phares de la zone euro, à son plus bas niveau depuis trois ans en Allemagne et en France, et un plus bas depuis près de sept ans en Italie.

Ces annonces ont fait reculer l'euro de plus d'un demi-cent face au dollar.

PERSPECTIVES AU PLUS BAS

"Après un mauvais mois de juin pour l'économie de la zone euro, la question, jusqu'à ce matin, était de savoir si on aurait en juillet une stabilisation, voire un petit rebond de court terme, ou alors une poursuite de la tendance baissière. Les chiffres de ce matin confirment le deuxième scénario", observent les économistes de RBS.

"Ces chiffres sont vraiment mauvais et jouent en faveur des 'colombes' à la Banque centrale européenne. Si elle avait disposé de ces informations le 3 juillet, peut-être n'aurait-elle pas relevé ses taux d'intérêt", juge de son côté Gilles Moëc, économiste chez Bank of America.

La BCE a relevé son taux directeur d'un quart de point, à 4,25%, pour contrer les pressions sur les prix alors que le taux d'inflation, à 4%, est deux fois supérieur à son objectif.

"Avec ce ralentissement brutal de l'activité et les anticipations d'inflation qui décélèrent un peu, les risques de nouvelle hausse des taux ont sensiblement diminué", estime Marco Valli chez UniCredit MIB.

L'enquête de RBS/Markit montre que les entreprises de la zone euro redoublent de pessimisme : la composante des anticipations dans le secteur des services est tombée à son plus bas niveau depuis la création de la série en 1998.

Les pressions inflationnistes restent au contraire élevées, le sous-indice des prix payés ne reculant que modérément dans les services, à 65,2, par rapport à son niveau de 65,7 en juin qui était un plus haut depuis huit ans.

L'EMPLOI BAISSE DANS LES SERVICES

Conséquence des pressions sur les coûts et de la baisse des nouveaux contrats, le secteur des services a perdu des emplois pour la première fois en quatre ans. Le sous-indice correspondant a reculé à 49,8 contre 51,2 en juin.

L'emploi dans l'industrie a quant à lui reculé à un plus bas en trois ans, avec un indice à 48,6.

"Les PMI flash laissent prévoir une croissance de 0,1% au mieux et la BCE devrait revoir ses prévisions en conséquence. La faiblesse de l'activité a aussi clairement un impact sur le marché du travail, le chômage va repartir à la hausse bientôt", commente Jacques Cailloux chez RBS.

L'indice PMI des services en Allemagne, première puissance de la zone euro, s'est amélioré à 53,3 contre 52,1 en juin, mais la France a vu le sien décrocher à 47,0, un plus bas historique, contre 50,1.

"La France connaît une situation de stagnation économique avec un risque de récession", analyse Gilles Moëc. "L'Allemagne résiste un peu mieux mais le PMI manufacturier montre que les choses commencent à se gâter. L'Allemagne se porte mieux que le reste de la zone euro mais ce n'est plus aussi flagrant."

L'indice composite flash de la zone euro, qui synthétise les indices dans les services et l'industrie, a baissé à 47,8, contre 49,3 en juin.

Version française Véronique Tison

Contraction dans les services et l'industrie dans la zone euro

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