Continental Clairoix : les syndicats restent 10 mn en CCE
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leSocial
Le comité central d'entreprise du fabricant de pneumatiques Continental qui devait avoir lieu aujourd'hui à Reims - à mi-chemin entre les deux usines françaises de Clairoix et de Sarreguemines - s'est tenu à Nice à la demande de la direction de Continental « pour des raisons de sécurité ». Celle-ci craignait que ne se reproduisent les incidents tels que lors du dernier CCE écourté de Reims, le 16 mars. Ce CCE ouvrait les négociations autour du plan social lié à la fermeture de l'usine de Clairoix (1120 salariés) annoncée le 11 mars dernier aux salariés.« Nous avons boycotté la réunion de ce matin. Cet après-midi, nous sommes restés dix minutes et nous avons claqué la porte », a indiqué à www.usinenouvelle.com. Antonio Da Costa, le secrétaire CFTC (organisation majoritaire) du CE de l'usine Continental de Clairoix. Une délégation syndicale de 5 personnes avait fait le déplacement à Nice pour faire nommer en CCE un expert du cabinet Secafi dans le cadre du droit d'alerte, explique le syndicaliste depuis l'aéroport de Nice.
« Nous allons nous battre contre la fermeture de l'usine de Clairoix. Nous considérons qu'il y a violation de l'accord de 2007 ». Antonio Da Costa fait allusion à l'accord signé en 2007 - par la CFTC et la CGC - qui a fait passer le personnel posté (la moitié de l'effectif) de 37h30 à 40h au 1er janvier 2008. Cet accord destiné à accroître la productivité du site de Clairoix avait été signé juste après la promulgation de la loi sur la défiscalisation des heures supplémentaires. Selon Antonio Da Costa, qui s'estime « trahi » par la direction de Continental, cet accord garantissait la « pérennité » du site jusqu'en 2012.
Jointe également à Nice par l'Usinenouvelle.com, la direction de Continental assure qu'il « n'y a aucun d'engagement » de ce type dans l'accord de 2007. « Les engagements qui ont été pris à l'époque étaient des engagements de moyens pour cette usine qui n'était pas dans la course. Ces engagements concernaient notamment le recrutement de 130 intérimaires ce qui a été fait et l'investissement de 18 millions d'euros ce qui a été fait également ». Mais ajoute la direction de Continental, « cela n'a pas été suffisant pour améliorer la situation et lorsque cet accord 40 heures a été négocié, le contexte économique n'avait rien à voir avec celui que nous connaissons aujourd'hui ».
Parallèlement à la « bagarre » liée à l'accord 40 heures de 2007, les syndicats ont décidé d'attaquer en justice la procédure d'information-consultation des représentants du personnel. Ils espèrent que le Tribunal de Grande Instance de Sarreguemines en Moselle (siège de Continental France) suspendra la procédure en cours.
De notre correspondante en Picardie, Claire Garnier
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