imprimer

Consolidation accélérée pour les SSII

Le 05 décembre 2006 par Rédaction L'Usine Nouvelle

Face aux majors omniprésentes, les sociétés de taille moyenne tentent de grossir et de se spécialiser. Les opérateurs téléphoniques mènent aussi le bal. A l'instar de France Télécom qui aquiert 54% de Silicomp.


C'était une question de jours. La société de services vient d'annoncer son rachat pour un montant d'environ 50 millions d'euros par France Télécom qui devient l'actionnaire majoritaire avec 54 % du capital. Cette acquisition n'a rien d'isolé. Depuis quelques mois, plusieurs concurrents de Silicomp, tels Datem, Diwan ou Projipe ont eux aussi changé de mains. Preuve que la consolidation s'accélère pour les SSII de taille moyenne qui réalisent entre 30 et 300 millions d'euros de chiffre d'affaires. «Cela fait longtemps que l'on n'avait pas vu une telle activité sur ce secteur », explique Jean-François Perret, le P-DG de Pierre Audoin Consultants.

La vague de reprise s'explique d'abord par le durcissement des conditions du marché. Si les prix restent plutôt stables,les grands comptes, poussés par leurs directions achats,continuent à réduire le nombre de leurs fournisseurs.«Tous les ans, SFR divise par deux le nombre de ses prestataires en ingénierie informatique. Il n'y en a plus que vingt aujourd'hui», explique Fabienne Zytnicki-Roux, membre du directoire de BTD Groupe, une SSII de 800 personnes installée à Clichy (Hauts-de-Seine).

Se rendre indispensable

Résultat, les leaders, tel Capgemini,Atos ou Unilog, captent toujours plus de contrats, au détriment de leurs concurrents plus modestes. Pour résister,la stratégie consiste alors à grossir. A l'instar d'Aubay dont les effectifs ont bondi de 50%, à 2000 personnes, lorsqu'il a acheté Projipe en août. L'accélération de la consolidation tient ensuite à l'obligation de se différencier. Soumis à la baisse des prix sur leur métier traditionnel d'assistance technique, les acteurs de taille moyenne tentent de se rendre indispensables en acquérant de nouvelles compétences, très pointues.

Le généraliste Team Partners s'apprête ainsi à débourser 41 millions d'euros pour acheter Datem, un spécialiste de la gestion de la relation clients présent dans l'audiovisuel, la presse et la vente à distance.De même, en reprenant BBS One et BBS Ingéniérie, BTD Groupe a récupéré des compétences en développement d'applications pour les R&D des opérateurs télécoms. Jusque-là, il ne leur vendait que des prestations d'informatique de gestion.

La consolidation s'explique, enfin, par l'apparition de nouveaux prédateurs. Traditionnellement, les SSII de taille moyenne étaient absorbées par lesleaders. Mais depuis quelques années, ceux-ci ciblent plutôt des acteurs étrangers, notamment en Inde. Désormais, ce sont les opérateurs télécoms qui font office de prédateurs.«Ils se lancent dans les services pour compenser l'effondrement de leurs ventes dans la téléphonie fixe», explique Jean-François Perret. Outre Silicomp, France Télécom vient ainsi de prendre le contrôle pour 28,2 millions d'euros de Diwan, un spécialiste des réseaux.

L'opérateur est même entré cet été dans le Top 10 des SSII françaises. La vague de consolidation va-t-elle retomber lorsque France Télécom aura fini ses achats? Probablement pas. Car d'ici là, les SSII de taille moyenne pourraient devenir les cibles de leurs homologues indiennes. Pour l'heure, hormis Pivolis, repris en novembre 2005 par KPIT Cummins, celles-ci n'ont fait que de brèves incursions sur le marché français. «Les acteurs indiens privilégient encore les marchés américains et britanniques», explique Jean- François Perret. Mais cela ne durera pas. D'ici à deux ans, ils s'attaqueront aux SSII françaises.

Luc Mathieu

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Ouvrier Soudure

Agenda de l'industrie : la semaine du 13 au 19 février 2012

C'est une semaine à tendance politico-industrielle qui s’annonce. Mais aussi...

Taxe

Cette taxe que l'on a exportée partout

C'est sans doute la technologie que nous avons le mieux vendue à l'étranger. Sans...

Pierre Gattaz

"La techno que je déteste ? Le trading haute fréquence"

Pierre Gattaz, président de Radiall et du Groupe des fédérations...

Usine sous la neige

De la vague de froid à la TVA sociale, une semaine d'industrie

Ce sont surtout les basses températures, le verglas et la neige qui auront...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter