Dans son baromètre semestriel sur les stratégies professionnelles des cadres, l'Apec dresse un portrait mesuré de la situation de ces salariés en France.
Les cadres ne perçoivent pas d’amélioration de la situation de l’économie et de l’emploi et ils sont plus nombreux à juger que leur entreprise est en difficulté. C'est un des enseignements principaux qui ressort du baromètre semestriel sur les stratégies professionnelles des cadres publié le 12 juillet par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec).
Le statut de cadre pas plus favorable qu'un autre
Si la part des cadres optimistes reste cependant majoritaire (61 %), son niveau a largement fléchi en un an (- 7 points). Et le statut de cadre ne semble plus jouir d'un aura particulier reflétant des meilleures conditions de travail : dans l'étude, plus d'un cadre sur deux estime que le marché de l’emploi des cadres n’est pas plus favorable que celui des autres salariés.
Le niveau de satisfaction professionnelle reste cependant stable, ainsi que la hiérarchie des motifs de satisfaction, avec des opinions nuancées sur les perspectives d’évolution. Seules les perspectives de carrière voient encore un recul des avis positifs.
La démission n'est plus une option
De fait, faisant preuve d’une certaine lucidité, moins de cadres envisagent de quitter leur entreprise, y compris parmi les plus jeunes, pour se centrer davantage sur leur entreprise et des stratégies privilégiant les relations internes. Ils expriment moins de souhaits de formation, mais sont plus nombreux à vouloir effectuer un bilan de compétences.
Aussi, dans un contexte où il leur est difficile de se projeter, ils sont moins nombreux à exprimer des attentes en conseils pour gérer leur carrière.
Les réponses aux deux questions d’actualité sur les priorités gouvernementales en matière d’emploi reflètent ce climat d’inquiétude latente. Interrogés d’abord sur les thèmes de la Conférence sociale qui étaient annoncés début mai, les cadres privilégient très nettement l’emploi des jeunes et des séniors, puis le pouvoir d’achat.
Plafonner les salaires les plus élevés
L’accès des jeunes à des emplois stables est une priorité pour les cadres interrogés. Elle arrive devant le maintien dans l’emploi des seniors, la création d’emplois durables constituant l’arrièreplan commun de ces deux préoccupations.
Quant aux politiques de rémunération, le plafonnement des salaires les plus élevés l’emporte sur la réduction des inégalités salariales et sur l’amélioration des salaires les plus faibles. L’analyse des résultats indique cependant certains écarts importants
d’opinions sur les priorités selon les âges et le sexe.









