Le président de la République a pris les industriels par surprise. Dans le cadre de la conférence environnementale, ces derniers pensaient venir débattre de l'énergie en France. Las, ils se retrouvent mis au pied du mur par un François Hollande qui doit donner des gages à l'aile verte de sa majorité.
Le débat sur le transition énergétique est terminé ! Déjà ? Ben oui... Le président de la République ayant annoncé dans son discours que la centrale de Fessenheim fermerait bien en 2016 et qu'il n'y aurait aucun permis d'exploration (même pas d'exploitation !) accordé en ce qui concerne les gaz de schiste, on peut dire que la transition n'aura pas lieue. On s'en doute la communauté de l'industrie, les patrons et les salariés unis pour une fois, n'a guère goûté ce fait du Prince.
Faut-il rappeler que le gouvernement promettait de débattre de tout sans tabou ? Qu'il avait affirmé, par la voix d'Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, que sur les gaz de schiste, le débat n'était pas clos ? Ce matin, François Hollande a décidé de refermer le couvercle, sans doute pour donner des gages à l'aile verte de sa majorité... Le problème, c'est que ce n'est pas elle ni ses idées en matière industrielle qui vont permettre de redresser le pays pour reprendre l'expression du président.
La transition énergétique était pourtant une idée intéressante. Elle devait permettre à la France de sortir pas à pas du tout-pétrole et du tout-nucléaire. Ce n'est pas en donnant un grand coup de pied dans la porte qu'elle se réalisera. Pour la réussir, notre pays a besoin de temps. Le temps pour elle de trouver des substituts à l'un des rares avantages compétitifs que notre pays détient encore, le nucléaire. Le temps aussi de trouver de nouvelles ressources énergétiques (les gaz de schiste sous réserve d'une exploitation propre), de nouvelles solutions de stockage d'énergie (puisque c'est sans doute LE défi que nous pose les énergies renouvelables). Visiblement, François Hollande ne l'avait pas ce temps. Pour des raisons politiques sans doute.
L'histoire dira si cette journée sera l'an I de la nouvelle ère énergétique française ou si elle restera comme le jour où notre pays à abdiquer sa volonté d'indépendance énergétique. Dans ce dernier cas, sur l'avis de décès de cette ambition, on mentionnera la date -le 14 septembre 2012-, les noms des proches (EDF ? Areva ?) et aussi, discrètement, en bas, "ni gaz ni atome."









