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L'Usine Auto

Comment Volkswagen négocie déjà le virage de l’après Dieselgate

Julie Thoin-Bousquié , , , ,

Publié le

Le groupe allemand a fait un point sur sa stratégie à l'occasion de l'annonce des résultats financiers pour 2016. Malgré le scandale des moteurs truqués, le constructeur continue d'afficher une solide croissance et de grandes ambitions pour l'avenir.

Comment Volkswagen négocie déjà le virage de l’après Dieselgate
Matthias Müller (au centre de l'image), le directeur général de Volkswagen, a longuement détaillé la stratégie du groupe.
© Volkswagen

Il reste "un bon bout de chemin à parcourir" sur le scandale des moteurs truqués, a d'emblée prévenu le nouveau directeur général du groupe Volkswagen, Matthias Müller, à l'annonce des résultats financiers du constructeur le 14 mars, dans son berceau de Wolfsburg en Basse-Saxe. En 2016, les éléments exceptionnels liés au Dieselgate ont atteint 6,4 milliards d'euros, essentiellement destinés à la couverture des risques légaux, contre 16,2 milliards l'année précédente. Et, si l'Allemand a formellement plaidé coupable aux États-Unis le 10 mars, il doit encore faire face aux éventuelles (et potentiellement nombreuses) poursuites en Europe.

Pas assez cependant pour entamer la santé du solide constructeur allemand. Malgré sa responsabilité dans le scandale des moteurs truqués, Volkswagen a affiché en 2016 une forme insolente. Matthias Müller en a convenu volontiers, l'année dernière aura été "remarquablement réussie". Avec 10,3 millions de véhicules vendus, le groupe s'est hissé en tête du podium mondial devant Toyota, largement porté par son premier marché, la Chine, où il a écoulé 4 millions d'unités (+12,2% de croissance par rapport à 2015).

Au total, le constructeur a engrangé un chiffre d'affaires record de 217,3 milliards d'euros... "4 milliards de plus que prévu", s'est félicité Frank Witter, le directeur financier. La marge opérationnelle du groupe sur la période a de son côté cru à 3,3%, contre 1,9% il y a deux ans.

La marque Volkswagen toujours à la peine

Dans le détail, Porsche a contribué à cette bonne dynamique en affichant de nouveaux records en termes de ventes et de bénéfices en 2016. "Le constructeur automobile le plus rentable au monde", selon les termes de Matthias Müller, a ainsi affiché une progression de sa marge opérationnelle (mirobolante) de 15,8% en 2015 à 17,4% l'année dernière. Et, compte pour plus de 10% des revenus des ventes en 2016, même si elle ne représente qu’un peu plus de 2% des volumes globaux.

Porté par ses deux nouveaux modèles, dont le Kodiaq, Skoda a également affiché de solides résultats, avec une marge opérationnelle de 8,7%, "à la hauteur des marques premium", a défendu Matthias Müller. Même Seat a enfin renoué avec la rentabilité en 2016 avec le lancement du premier SUV de son histoire, l’Ateca.

En revanche, les marques Audi, et plus encore Volkswagen, accusent les conséquences du Dieselgate. La marque aux anneaux a supporté des éléments exceptionnels liés au scandale à hauteur de 1,8 milliard d'euros. Ses ventes ont cependant connu une légère hausse à 1,534 million d'unités à travers le monde en 2016. Quant à sa marge opérationnelle, elle reste élevée à 8,2%, malgré un tassement.

La situation est en revanche plus préoccupante pour Volkswagen. La marque a accusé un recul de 2% à 4,347 millions de véhicules au cours de l’année dernière. Quant à sa marge opérationnelle, elle s’est encore un peu plus effritée cette année à un petit 1,8%, contre à peine 2% en 2015. Beaucoup moins que d’autres marques généralistes comme les Françaises, à l’image de Renault qui a affiché une marge opérationnelle de presque 5% en 2016, tandis que PSA plafonnait à 6% à la même période.

Du scandale à l'opportunité

Une problématique que le groupe a décidé de prendre à bras-le-corps, dans une recomposition destinée à amorcer l’après-Dieselgate. Volkswagen a en effet entrepris de faire de l'affaire des moteurs truqués une véritable opportunité de se transformer en profondeur pour répondre aux nouveaux défis que va rencontrer l'industrie automobile dans les années à venir. "Nous devons saisir ce tournant déterminant pour réaligner Volkswagen sur le futur: dans nos structures, notre façon de penser et avec une nouvelle orientation stratégique", a martelé Matthias Müller devant un parterre de journalistes et d'analystes. 

Les ambitions sont grandes et les axes non moins nombreux. Engagé de plain-pied dans le processus d’électrification de ses gammes, Volkswagen a indiqué que son plan destiné à la production de batteries prendrait effet dès cette année. Objectif: "prendre le leadership technologique en Europe d’ici 2025", a asséné Matthias Müller.

Le centre d’excellence placé sous le commandement de la marque Volkswagen devrait être opérationnel à partir du deuxième trimestre de 2017. Son but, "le développement, la fourniture et le contrôle de la qualité de l’ensemble des cellules des batteries et modèles du groupe", a précisé son président. En parallèle, des négociations sont menées en vue de partenariats sur le plan des cellules. Elles devraient aboutir d’ici la fin de l’année, selon Matthias Müller.

Volkswagen met le cap sur les véhicules à bas coût

Le plus gros vendeur de véhicules au monde a aussi (et enfin) décidé de se lancer sur le créneau des "petits prix" dans le cadre de son partenariat avec l’Indien Tata Motors, formalisé en début de semaine. "Skoda sera en charge de mener cette alliance planifiée avec le groupe" indien, a rappelé Matthias Müller, en ajoutant qu’aucune décision n’avait cependant encore été prise concernant la marque susceptible d’être utilisée pour se lancer sur le juteux marché automobile de l’Inde… et à terme sur le sous-continent indien.

En Chine, c’est avec le constructeur JAC que Volkswagen souhaite fournir des voitures électriques bon marché. Un vrai changement de paradigme pour le groupe Volkswagen, qui a désormais l’intention "de penser les véhicules de demain en se mettant dans la peau du client, et non selon une logique d’ingénieurs", a admis Matthias Müller.

Digitalisation de l’entreprise et du produit

Au-delà de l’évolution en cours dans son cœur de métier, Volkswagen s’est lancé dans un autre défi dans le cadre de son plan "Strategy 2025": entrer dans le top 3 des fournisseurs mondiaux de solutions de mobilité d’ici 2025. Avec sa treizième marque MOIA, le constructeur allemand veut pénétrer dans les grandes villes. Avec Gett, le rival israélien du géant américain Uber, Volkswagen veut accélérer sur le marché russe, mais aussi le Royaume-Uni, les Etats-Unis et Israël en 2017. Avant une expansion en Allemagne, France, Espagne et Italie, a détaillé Matthias Müller lors de l’annonce des résultats financiers. 

Pour répondre à tous ces objectifs, Volkswagen s’est lancé dans une vaste démarche de digitalisation. Selon Matthias Müller, presque toutes les marques du groupe sont désormais dotées de directeurs du digital afin d’introduire un "changement d’état d’esprit" au sein même de l’entreprise. 

Des changements qui ont un coût: la transformation du groupe devrait correspondre à un montant en milliards, à deux chiffres, a prévenu le directeur général du constructeur allemand. Le groupe réfléchit donc à lancer, par exemple, une plateforme commune pour bâtir la Porsche Panamera et l’A8 d’Audi. Les services de R&D devront par ailleurs augmenter leur efficacité de 30%, afin de parvenir à la réduction du ratio de R&D comme prévu.

Les fonctions groupes risquent de devoir aussi se mettre au pli, puisque Matthias Müller prévoit des économies "à hauteur de 200 millions d’euros par an dans ce domaine". Les comités des instances top seront réduits d’un tiers. Le groupe Volkswagen espère ainsi atteindre une marge opérationnelle équivalente à 7 ou 8% et un retour sur investissement supérieur à 15%. Un peu comme si le Dieselgate n’avait jamais eu lieu.

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