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L'Usine Santé

Comment se prémunir de la menace du bioterrorisme, se demande le Conseil national pour la biosécurité

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Les nouveaux outils d'ingénierie génétique peuvent-ils être détournés et transformés en armes biologiques par les terroristes ? Le Conseil national pour la biosécurité préconise de s’en inquiéter, et de mieux encadrer les entreprises du secteur.

Comment se prémunir de la menace du bioterrorisme, se demande le Conseil national pour la biosécurité

C’est un sujet méconnu de la lutte contre le bioterrorisme. Grâce aux avancées de la biologie de synthèse, de la génétique et de la manipulation de l’ADN, on sait désormais augmenter la virulence de certains pathogènes… voire reconstituer des virus disparus dans des laboratoires pas forcément sophistiqués.

Comment s’assurer que ces progrès scientifiques ne soient pas détournés pour générer de nouvelles menaces biologiques ou chimiques ? En 2015, le ministère de la Défense installait un Conseil national pour la biosécurité, composé de scientifiques et de représentants de ministères, pour éclairer sur ces risques. Son premier rapport, classé confidentiel et coordonné par plusieurs membres de l’Académie des Sciences, a été présenté le 7 février et remis au Premier Ministre.

La multiplication des entreprises produisant à façon des gènes de synthèse

Ce qui inquiète les auteurs du rapport,  coordonné par Antoine Danchin, spécialiste de la génétique microbienne ? « La reconstruction en laboratoire de microorganismes existants dans la nature », facilitée par la publication sur internet du séquençage de leur génome et « la multiplication de sociétés privées capables de produire "à façon" des gènes de synthèse». Certes, un consortium (IGSC) réunissant 80% de ces dernières réalise des inspections afin d’empêcher que les matériels envoyés ne permettent la reconstitution d’agents pathogènes. Tandis que quarante-deux pays se sont engagés à un contrôle strict de l’exportation d’équipements biologiques sensibles. Mais la Chine et la Russie n’en font pas partie.

La menace terroriste avec Daech

Et les auteurs du rapport craignent que des organisations terroristes ne puissent s’emparer de ces technologies. "Malheureusement, dans toute une série de domaines où la technologie peut être détournée à des fins nuisibles, Daech a tenté des recherches, essayé de développer des choses qui pour l'instant sont inabouties heureusement", explique Louis Gautier, le président du Conseil, et Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale.

Le conseil préconise donc une grande sensibilisation des responsables de laboratoires et chercheurs. « Je suis convaincu que toute vérité n’est pas bonne à dire, estime Antoine Dauchin. Si on découvre une technologie qui peut être détournée, une forme d’autocensure est utile. » Mais aussi de limiter l’accès et renforcer la protection des laboratoires de microbiologie. A leurs yeux, il faut surveiller les bases de données publiques ou privées informant sur les micro-organismes pathogènes, et les requêtes dont elles font l’objet. Mais aussi que les entreprises françaises s’associent sur le modèle de l’IGSC. Et enfin renforcer l’exportation des équipements de synthèse biologique, dont les synthétiseurs d’ADN.

La technique CRISPR –Cas9 sous surveillance

Faut-il se méfier de la technique CRISPR –Cas9, notamment développée par la française Emmanuelle Charpentier, décrite comme le "couteau suisse" de la génétique car elle permet d'éliminer et d'ajouter des fractions de matériel génétique avec une extrême précision? Elle a été jugée comme une potentielle « arme de destruction massive » par le directeur du renseignement américain, James Clapper. Ce que contestent les auteurs du rapport. « En l’état de l’art, CRISPR-Cas9 ne permet pas d’accroître fondamentalement le risque de prolifération d’armes biologiques. Il ne constitue pas à cet égard un saut technologie susceptible de générer de nouvelles menaces. »

Cette technologie - désormais utilisée par de nombreuses entreprises dans les champs de la santé, la chimie, l’agroalimentaire ou l’agriculture - doit néanmoins être suivie de près. Car elle peut induire des forçages génétiques, une technique qui permet d’accélérer la diffusion d’une mutation génétique et sur laquelle va se pencher le Haut Conseil des Biotechnologies, sollicité sur le sujet des moustiques génétiquement modifiés.

 

 

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