Comment la start-up McPhy a décroché un contrat avec Enel
Par Ana Lutzky - Publié le
Pour son premier contrat, la start-up drômoise de stockage d’hydrogène McPhy peut se prévaloir d’un acteur industriel de premier rang. L’italien Enel lui a en effet commandé un petit réservoir d’hydrures de magnésium, pour se faire une idée de la technologie. Pascal Mauberger, Président du Directoire, raconte comment sa PME a séduit son premier client.
L'Usine Nouvelle - Que représente pour vous cette toute première commande ?
Pascal Mauberger - C’est une excellente nouvelle qu’un grand de l’énergie tel qu’Enel détecte la technologie d’une PME française. Et soit prêt à la tester pour peut-être la déployer. Enel est un très gros acteur européen : c'est la plus grande entreprise d'électricité d'Italie et la deuxième en Europe en termes de capacités installées. Ce contrat s’inscrit dans un contexte particulier : l’Italie est déficitaire en énergie et dépend beaucoup de ses voisins. Elle mène une politique active de développement de renouvelables et de stockage d’énergie, en particulier grâce à l’hydrogène.
L’électricité éolienne ou photovoltaïque produite en heure creuse est transformée en hydrogène par électrolyse. L’hydrogène est alors stocké dans les galettes d'hydrures de McPhy. En heure de pointe, l'électricité est réinjectée dans le réseau en via une pile à combustible.
« Avec un investissement de 2 millions d’euros, notamment pour financer l’électrolyseur, le retour sur investissement se fait en 4 ans », expliquait le mois dernier Pascal Mauberger.
C’était voici plus d’un an, la discussion a pris environ une année. Le groupe cherchait une solution de stockage de type hydrure. Nous leur avons montré nos travaux et nos réservoirs en fonctionnement au CEA et au CNRS. Eux n’avaient jamais réussi à faire de système de stockage réversible pérenne, et étaient relativement impressionnés de mettre le doigt sur notre technologie.
Un an plus tard, nos interlocuteurs nous ont commandé un réservoir de 2 kg d'hydrogène en y mettant le prix (non dévoilé, NDLR), pour le tester dans leur laboratoire. Le réservoir Mc Phy Energy sera en effet installé sur la zone d'expérimentation de Livourne et le projet sera supervisé par un groupe de chercheurs du centre de recherche d'Enel de Pise.
Si les performances de rendement et de densité sont bonnes, ils pourront alors décider de déployer cette solution dans leurs installations.
Quelles seront les applications de votre technologie pour Enel ?
Il s’agit clairement de stockage d’énergies renouvelables intermittentes (solaire et éolien, NDLR). Le réservoir d’hydrogène sera couplé à un électrolyseur et à une pile à combustible, pour que l’électricité soit réinjectée au moment voulu dans le réseau. Enel a déjà mené quelques expériences dans ce domaine, at par ailleurs l’Italie développe une politique d’ « îles vertes », en installant des sources d’énergie renouvelables sur ses nombreuses îles.

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