Comment font les territoires qui ont résisté à la récession ?
Par Christophe Bys - Publié le
DOCUMENTS La Fédération nationale des agences d’urbanisme (Fnau) vient de publier une étude pour éclairer les différences de comportement en matière d’emploi des différents territoires. Elle identifie les facteurs qui protègent l’emploi des variations conjoncturelles.
La crise a beau être mondiale, elle n’est pas totale. En effet, même pendant les phases de récession, certains territoires résistent mieux que d’autres au ralentissement économique. L’étude que vient de réaliser le club éco de la Fédération nationale des agences d’urbanisme (FNAU) montre ainsi que du point de vue de l’emploi il valait mieux habiter Aix-en-Provence, où l’emploi salarié augmente de 3,7 %, que Le Havre où il a chuté de 6,6 %.
"Dans notre échantillon, 51 zones d’emploi soit 32 % des zones étudiés ont connu une évolution "favorable" de l’emploi", résument les auteurs. Ces zones se trouvent plutôt au Sud de la France qui a été plutôt épargné de la France, à l’inverse du Nord, de l’Est et du grand Centre. La FNAU a caractérisé les zones d’emploi et remarque que les territoires qui tirent le mieux leur épingle du jeu sont ceux qu’elle qualifie de "dynamiques" ou d’ "administratifs", quand les territoires "à qualification peu élevée" ou les "industriels" ont été profondément marqués. Ainsi, 64 % de ces zones ont connu une aggravation de la situation de l’emploi, faisant écrire aux auteurs que "la crise a accéléré un processus de désindustrialisation déjà à l’œuvre".
Bien choisir sa spécialisation
Plus original, les auteurs décortiquent les raisons pour lesquelles certains territoires industriels connaissent malgré tout une amélioration de la situation de l’emploi. Ils notent qu’il s’agit souvent de territoires où on observe une bonne croissance démographique, ou une spécialisation dans des créneaux industriels peu élastiques à la conjoncture (agroalimentaire, industrie navale…) et où le recours à l’intérim n’a pas baissé.
La croissance démographique est qualifiée d’amortisseur de crise. Là où on l’observe, l’emploi connaît relativement plus souvent une situation favorable. Pis encore, là où elle est absente, la situation de l’emploi est très rarement favorable.

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