Dossier

Dassault Aviation dévoile son Falcon 5X

Comment Dassault peut-il créer la surprise avec son Falcon 5X ?

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Ligne d'assemblage final de Dassault Aviation à Mérignac (Gironde)
© Elodie Vallerey - L'Usine Nouvelle

Après plus de sept ans de développement, Dassault s’apprête à présenter son nouveau jet d’affaires, le Falcon 5X. Dans un marché toujours à la peine, quelle sera la stratégie du groupe ?

Jusqu’au bout, aucune information n’aura fuité. Il faudra attendre le lundi 21 octobre vers 23h, heure de Paris, pour découvrir le jet d’affaires que Dassault Aviation a farouchement tenu au secret sept années durant. Le groupe n’attendra même pas l’ouverture du NBAA 2013, salon mondial de l’aviation d’affaires qui se tient cette année à Las Vegas (Nevada, Etats-Unis) du 22 au 24 octobre, pour présenter le successeur du Falcon 7X. En tout cas sa maquette en taille réelle, étant donné que l’avion ne devrait pas entrer en service avant 2016.

A quoi ressemblera le Falcon 5X ? Sera-t-il dans la lignée du Falcon 7X ? Quel sera son prix ? Dans quelle classe d’avions d’affaires se situera-t-il ? Des questions qui comptent dans un secteur ultra-concurrentiel englobant pas moins d’une dizaine de segments et où règnent une poignée d’acteurs industriels (Dassault Aviation, Bombardier, Cessna, Embraer, et Gulfstream). Le nom de code du Falcon 5X ne semble pas souffrir d’ambiguïté : "SMS" signifie Super mid-size. Autrement dit, une classe bien précise de jet au rayon d’action d’environ 5000 kilomètres et dont le prix peut aller jusqu’à 20 à 30 millions de dollars. Une classe qui se situe entre les avions dits légers et les large-jets.

Des segments à plusieurs vitesses

Mais comment Dassault Aviation compte-t-il se distinguer avec le Falcon 5X, alors même que ce segment de l’aviation d’affaires est déjà très encombré et qu’il ne sera pas le plus dynamique ces prochaines années ? Le contexte de lancement de ce nouveau jet n’est pas des plus sereins. Le secteur dans son ensemble a accusé une baisse de son chiffre d’affaires en 2012 pour la quatrième année consécutive : -0,8%, à 17,1 milliards de dollars (selon les chiffres de l’association Gama qui fait référence). Quant aux livraisons d’avions, elles ont diminué de 3,4% pour s’établir en 2012 à 672. L’aviation d’affaires ne s’est pas encore remise du choc économique initié en 2008...

"Ce sont surtout les avions légers qui ont souffert au moment de la crise, commente Guillaume Rochard, responsable mondial du secteur Aéronautique, Défense & Sécurité du cabinet de conseil PwC. Les avions de plus grande taille, dont le prix est supérieur à 25 millions de dollars, ont été nettement moins touchés". Dans sa dernière étude prospective, le canadien Bombardier renchérit : "nous prévoyons que la catégorie des avions à large fuselage est celle qui vivra la plus forte croissance entre 2013 et 2032". Dans ce contexte économique, et 50 ans après le lancement de la famille Falcon, Dassault Aviation aura-t-il la volonté de créer la surprise pour se démarquer ou fera-t-il au contraire le choix d’un appareil aux ambitions modestes en raison du marasme économique ambiant ?

L’autre surprise : le Silvercrest de Safran

Le lieu du lancement du Falcon 5X ne doit en tout cas rien au hasard. "Les zones de croissance pour l’aviation d’affaires sont l’Asie-Pacifique, le Moyen-Orient, la Russie et le Brésil, explique Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities. Mais les volumes y sont encore très faibles. Pour preuve, 50 avions d’affaires sont en service en Chine contre 9000 aux Etats-Unis !". L’Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) représente toujours la moitié du marché des avions d’affaires. Et ce pour encore de longues années. Le site d’assemblage de Dassault Aviation à Mérignac (Gironde) attend de pied ferme, d’où qu’elles viennent, les premières commandes de Falcon 5X et a déjà procédé à sa réorganisation.

L’autre attente autour du Falcon 5X concerne bien sûr le choix du motoriste. C’est un secret de polichinelle : l’industriel Rolls-Royce a été mis sur le banc de touche en cours de développement au profit de l’équipementier Safran et de son nouveau moteur, le Silvercrest. Comme Dassault Aviation, le groupe Cessna a fait le choix de ce moteur pour son futur avion d’affaires, le Citation Longitude, qui devrait entrer en service en 2017. Mais comment expliquer ce revirement de Dassault en cours de route, alors que Safran est un nouvel entrant dans le très select secteur de l’aviation d’affaires ? Quelles sont les performances du Silvercrest ?

Ces présentations faites, les premières commandes sont attendues dans les mois qui suivent. En tout cas Safran présentera aussi son nouveau moteur à Las Vegas, quelques heures après le lancement officiel du Falcon 5X.

Olivier James

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