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L'Usine Aéro

Comment Airbus compte produire plus que Boeing dès 2019

Olivier James , , , ,

Publié le , mis à jour le 11/01/2017 À 17H29

L’avionneur européen pourrait livrer plus d’avions que son rival américain dès 2019. En plus d’assurer les montées en cadences, Airbus doit améliorer un niveau de livraisons en dent de scie.

Comment Airbus compte produire plus que Boeing dès 2019 © MASTERFILMS

Il a été le premier surpris. Quelques instants avant la présentation des résultats commerciaux d’Airbus, mercredi 11 janvier, Tom Enders a fait savoir à quelques salariés son étonnement quant à la performance industrielle de son groupe. Airbus est parvenu à livrer 688 appareils l’an dernier. C’est toutefois moins que le niveau atteint par Boeing en 2016, avec 748 appareils, annoncé quelques jours plus tôt.

Mais un scénario se profile : confirmant des propos tenus début 2016, le patron d’Airbus, Fabrice Brégier, a réitéré la possibilité qu’Airbus dépasse son concurrent en termes de livraisons en 2019. "Je crois que ce sera le cas. Je ne connais pas les projections de notre concurrent mais il a livré moins d’appareils l’an dernier que l’année précédente. Il semble se trouver sur un plateau". En 2015, Boeing a livré 762 appareils.

Une arithmétique favorable

Alors qu’Airbus a pu s’enorgueillir d’une production annuelle supérieure à celle de son rival de 2005 à 2011, Boeing a pris le titre de premier constructeur aéronautique depuis 2012. Airbus compte bien s’emparer à nouveau de la première place à brève échéance. Si ce scénario se confirmait, il aura fallu à Airbus presque dix ans pour combler l’écart, à la faveur d’une démultiplication internationale des lignes d’assemblage (Toulouse, Hambourg, Tianjin et Mobile).

Le phénomène de rattrapage industriel de la part d'Airbus s'explique par l'avance prise par Boeing avec son 787, lancé trois ans avant l'A350. La cadence actuelle de production du 787, 12 avions par mois, sera atteinte par Airbus avec l'A350 après 2018. C'est surtout dans le segment des monocouloirs qu'Airbus compte faire la différence: l'avionneur prévoit une cadence mensuelle de 60 A320 courant 2019, contre 57 pour le 737 de Boeing pour cette même année.

En 2016, malgré la hausse de sa production, Airbus s’offre le luxe d’un nombre de commandes nettes encore supérieur, avec 731 commandes, contrairement à Boeing qui n’enregistre que 668 commandes. Ce qui permet à Airbus de renflouer encore un plus son carnet de commandes (6874 appareils), tandis que celui de Boeing s’écorne, avec 5715 appareils.

Un sprint final inespéré

Le niveau de production atteint par Airbus en 2016 est bien supérieur à l’objectif officiel fixé début 2016, de 650 appareils, puis à celui révisé en cours d’année, de 670 appareils. L’objectif interne, confirmé par les syndicats, de 690 appareils, est quasiment atteint. Cette performance industrielle est d’autant plus étonnante que l’avionneur a accumulé les difficultés en 2016, entre les retards du côté de Zodiac pour certains équipements cabines de l’A350 et ceux de Pratt&Whitney pour le moteur de l’A320neo. Le spécialiste de la logistique, Kuehne + Nagel, aurait également provoqué certains retards de livraisons de composants, d’après nos informations. En 2017, les dirigeants évoquent un niveau de production "d'au moins 700 appareils".

Airbus est parvenu à un niveau de production historique grâce à un sprint final : l’avionneur a livré pour le seul mois de décembre 2016 pas moins de 111 appareils. Un chiffre à comparer à une moyenne mensuelle deux fois moins importante tout au long de l’année 2016. Comment l’avionneur y est-il parvenu ? "Nous nous sommes retrouvés dans un niveau de pression incroyable", explique Françoise Vallin, coordinatrice de la CFE-CGC chez Airbus. Les équipes ont dû mettre les bouchées doubles à coup d'heures supplémentaires, en particulier concernant le dernier-né des programmes, l’A350. "Pour ce programme, la quasi-totalité des 1500 salariés impliqués ont travaillé entre 42 et 46 heures par semaines, contre 36 heures normalement", rappelle Jean-François Knepper, délégué syndical FO.

Lisser les phénomènes cycliques

Impossible pour Airbus de dupliquer ce mois de décembre effréné à l’ensemble de l’année. "Ce n’est pas reproductible car les équipes sont épuisées, justifie Jean-François Knepper. Nous allons devoir souffler un peu en début d’année. Nous allons d’ailleurs produire très peu d’A350 en ce début d’année, avant un redémarrage en avril, afin de consolider le processus de production". Au-delà du challenge de maîtriser les hausses de cadences de production, avant tout de l’A320 avec 60 appareils par mois dès 2019, Airbus se trouve confronté à un problématique industrielle récurrente : une production faible en début d’année et une surcharge d’activité en fin d’année.

"C’est redondant depuis plusieurs années et cela s’est aggravé en 2016, précise Françoise Vallin. Nous demandons chaque année à ce qu’une analyse du problème soit réalisée, à ce qu’un plan d’action soit mis en œuvre. Les problèmes sont à la fois externes et internes". Une version que dément le porte-parole du groupe: "les variations de livraisons au cours de l'année ne s'expliquent pas par une mauvaise organisation mais par les retards de certains fournisseurs et la volonté de certaines compagnies aériennes de recevoir leurs appareils en fin d'année".

Pour atteindre son objectif en 2019, avec une production approchant 900 appareils, voire de dépasser le seuil des 1000 appareils produits à l’orée des années 2020, Airbus devra quoi qu'il en soit s’atteler à réduire ces phénomènes industriels cycliques. Un vaste chantier qui concerne ses propres méthodes mais aussi celles de ses fournisseurs.

 

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