Commande record d'avions militaires Boeing par l'Inde
Par Ana Lutzky - Publié le
Montant de l'opération : 4 milliards de dollars. C'est à ce prix que New Delhi souhaite s'équiper de ces transporteurs militaires de matériel. Au grand dam d'EADS, qui commercialise l'A400M.
Le gouvernement indien a approuvé lundi un contrat de plus de 4 milliards de dollars pour l'achat d'avions de transport militaires de Boeing. C'est son plus grand contrat dans la défense passé avec un groupe américain, a annoncé une source gouvernementale citée par l'AFP. Le contrat pour l'achat d'avions C-17 Globemaster III, utilisé pour le transport d'équipements lourds, a été approuvé lors d'une réunion du comité gouvernemental sur la sécurité.
Ce transporteur a été construit par McDonnell-Douglas (aujourd'hui fusionné avec Boeing) au début des années 1990. Il est utilisé début 2008 par l'United States Air Force, la Royal Air Force, la Royal Australian Air Force, la Force aérienne du Canada et le Qatar. À terme, l'avion devrait trouver quelques clients en Europe et au Proche-Orient. Même si l'Airbus A400M doit constituer le pilier des moyens de projection européens, quelques C-17 constitueraient un auxiliaire utile pour transporter les charges les plus lourdes, comme les chars d'assaut, qui dépassent la capacité de l'avion européen.
La Flygvapnet, la Koninklijke Luchtmacht et la Flyvevåbnet (respectivement : Suède, Pays-Bas et Danemark) sont intéressées par le C-17, mais son achat est difficile à faire accepter par les parlements concernés. La France en fait elle aussi partie. La DGA a ainsi invité Boeing à faire une proposition fondée sur l'achat d'une flotte de trois avions, dont les livraisons pourraient commencer dès le troisième trimestre 2011.
En 2009 déjà, Boeing avait profité des retards de l'A 400 M. Son C-17 Avait été commandé quatre exemplaires puis deux supplémentaires aux Emirats arabes unis. Le premier exemplaire vient d'ailleurs d'être livré, le 13 mai 2011. Le Congrès américain a confirmé une commande de quinze exemplaires, ce qui a sauvé provisoirement la chaîne de fabrication du C-17, qui aurait dû s'arrêter en 2010. Le français Messier-Bugatti (groupe Safran), qui fournit les freins du C-17, se frotte les mains. Mais pas EADS. Les Emirats avaient examiné son A 400 M avant d'opter pour l'avion de Boeing. Avec les retards à répétition du programme européen, les Indiens aussi se sont visiblement détournés de l'A 400 M au profit de l'appareil américain. .

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