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Coca-Cola Entreprise met la pression sur le gouvernement

Par Jean-Christophe Barla (Provence-Alpes-Côte d'Azur) - Publié le
Coca-Cola
© everdaniel - Flickr - C.C.

Le geste se veut symbolique, mais il pourrait s’avérer lourd de conséquences pour l’industrie agroalimentaire. Coca-Cola Entreprise a décidé ce jeudi 8 septembre au matin d’annuler la célébration des 40 ans de son site industriel des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), près de Marseille, initialement prévue le 19 septembre.

Surtout, la filiale du groupe américain indique qu’il va « réévaluer » l’investissement de 17 millions d’euros qu’il envisageait sur cette usine, John Brock, président de Coca-Cola Entreprise, devant lui-même l’annoncer ce jour-là.

Motif de ce revirement : le relèvement de la fiscalité sur les boissons sucrées par le gouvernement en vue de lutter contre l’obésité. « Cette taxe sanctionne notre entreprise et stigmatise nos produits » indique le groupe dans un communiqué qui rappelle tous ses efforts en faveur de l’industrie et de l’emploi en France où il exploite cinq sites de production et occupe 2 700 salariés.

Le projet « n’est pas annulé mais réévalué dans le contexte d’incertitude créé par la taxe » ajoute-t-il. Coca-Cola et la Provence affrontent un nouvel écueil dans une histoire mouvementée.

L’usine des Pennes-Mirabeau qui dispose de trois lignes de production (bouteilles verre, canettes et PET) emploie 203 salariés. Selon Coca-Cola Entreprise, elle aurait fait l’objet de 45 millions d’euros d’investissements depuis cinq ans, date de la dernière réorganisation des activités du groupe en France qui avait notamment conduit à la fermeture et au transfert aux Pennes du site logistique de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône).

Par ailleurs, il affirme que 260 millions d’euros ont été investis ces dernières années sur son outil industriel dans notre pays et 335 embauches y ont été effectuées depuis trois ans. Enfin, il soutient qu’aucune étude n’a établi de lien direct entre la consommation de boissons sucrées et l’évolution de l’obésité.

La taxe sur les boissons sucrées doit générer 120 millions d’euros de recettes pour l’Etat, en faisant passer le taux de TVA de 5,5 % à 19,8 % comme pour les vins.

L’association nationale des industries agroalimentaires (Ania) a déjà fait valoir son opposition, la jugeant « inacceptable ». Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône, était à l’origine de cette proposition. Elle persiste et signe dans une tribune rédigée le 7 septembre : « Les boissons sucrées n’ont aucun intérêt nutritionnel. Pire, elles sont très largement impliquées dans l’épidémie d’obésité et de surpoids et favorisent le développement des maladies cardio-vasculaires, le diabète et les caries ». Elle va même plus loin en proposant désormais de « moduler la fiscalité des aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle ».

Dans sa ligne de mire : les pâtes à tartiner, les barres chocolatées et les produits de grignotage, soumis à la même TVA que les fruits et légumes, alors qu’ils ne provoquent pas les mêmes effets bénéfiques pour la santé.


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