CMA-CGM : 500 millions de dollars valent bien une tête
Par Olivier Cognasse - Publié le
En échange d’une ouverture du capital et d’un nouveau directeur général, CMA-CGM reçoit un prêt substantiel.
Le suspens a pris fin hier soir. CMA-CGM est sauvé ! L’armateur français, numéro 3 mondial, va être renfloué à hauteur de 500 millions de dollars (348 millions d’euros) sous forme d’un prêt consenti par 63 banques créancières, nécessaire pour engager une restructuration financière. En échange, l’armateur marseillais accepte l’ouverture de son capital dès le deuxième trimestre 2010 et un changement dans son organigramme. Son fondateur, Jacques Saadé, peu enclin à céder sa place, a du se résoudre à devenir président en charge de la stratégie et à accepter un nouveau directeur général en la personne de Philippe Soulié, ancien président de la Cnim (Constructions Industrielles de la Méditerranée). A noter que l’ancien PDG de Thales, Denis Ranque, pressenti pour prendre la direction de l’entreprise, devient administrateur tout comme Philippe Garin, le président d’Armateurs de France.
Pour relever la tête, CMA-CGM devra opérer un redressement spectaculaire. En effet, son endettement se monte aujourd’hui à 3,2 milliards d’euros. Après des années florissantes avec un chiffre d’affaires qui a atteint 10,5 milliards d’euros en 2008, il a subi de plein fouet la récession économique comme tous les armateurs avec un chiffre d’affaires de 3,3 milliards d’euros au premier semestre et un résultat net de – 359 millions d’euros. Mais ses concurrents ne sont pas forcément en meilleur santé. Le leader mondial, le danois Maersk, vient de revendre ses ferries à son compatriote DFDS pour améliorer ses finances.
Olivier Cognasse

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