Clio 4 : victoire à la Pyrrhus pour Sarkozy
Par Fabrice Frossard - Publié le
A l’issue de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy, Carlos Ghosn annonce qu’une partie de la production de la Clio IV sera assurée à Flins. Invité sur Europe 1 ce matin, le conseiller de l’Elysée, Claude Guéant a évoqué le maintien de 3400 ouvriers sur le site des Yvelines.
Les victoire diplomatiques reposent souvent sur des petites concessions. Ainsi à l’issue d’une heure d’entretien avec le chef de l’Etat, Carlos Ghosn a indiqué que « Renault maintiendra l'emploi et l'activité du site et y continuera la production de véhicules à combustion tout en développant la production de véhicules électriques », peut-on lire dans le communiqué présidentiel. Concrètement, Renault continuera la production des modèles actuels de Renault Clio et y implantera une partie de la production de la Clio IV et ce, jusqu'à ce que les modèles électriques prennent le relais.
Autrement dit, l’actionnaire principal de Renault aurait réussi a conserver, temporairement, un volant de production identique à Flins à celui actuellement réalisé, soit un peu plus de 125 000 véhicules par an. Dans le communiqué, l’Elysée rappelle que Renault, soutenu par les pouvoirs publics a pour projet de faire du site de Flins une grande plate-forme européenne du véhicule électrique. Claude Guéant, invité su Europe 1 ce dimanche assure lui, pour sa part, que Renault a « clairement indiqué qu'il y aurait au minimum le maintien de 3.400 ouvriers" sur le site de Renault à Flins.
Toutefois, l’Etat s’est fait prendre par surprise sur cette décision, annoncée par voie de presse. Claude Guéant, tout en rappelant que l’Etat avait deux administrateurs au conseil d’administration du groupe, a estimé que l’Etat n’était peut-être « pas suffisamment actif dans la prise des décisions industrielles ». Carlos Ghosn aurait d’ailleurs proposé au président de la République de faire siéger un représentant de l’Etat au comité stratégique de Renault pour remonter rapidement les décisions prises par le groupe.
Réagissant à ces communiqués, le parti socialiste évoque des « annonces vagues » et souligne que « depuis un an, le Parti Socialiste dénonce l'absence de contreparties réelles en échange des 6 milliards d'euros d'aides publiques octroyées à Renault et PSA, ainsi que la mise en concurrence de leurs sites de production par les constructeurs au mépris de l'impératif industriel, social et environnemental ».

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