Clairefontaine : il fournit les cahiers de la rentrée
Par Barbara Leblanc - Publié le
Rouge ou bleu, petit ou grand format, avec ou sans spirale, le cahier Clairefontaine reste un des produits phares des devantures de la grande distribution pour la rentrée des classes.
Pourtant, il est difficile pour l’industriel de se lancer dans l’innovation. « En France, nous restons dans un créneau historique : tout est dicté par la sempiternelle liste scolaire, un peu comme une ordonnance, explique le PDG de Clairefontaine, Guillaume Nusse. Et pour le coup, il n’y a pas de génériques. Si nous tentons de commercialiser un produit un peu original, nous risquons de ne pas le vendre, car il ne respectera pas forcément les critères des listes scolaires ». Impossible donc pour Clairefontaine de modifier les formats, les couleurs ou d’incorporer des graphismes, comme il le fait pourtant grâce à des licences dans d’autres pays d’Europe (Allemagne, Italie, Bénélux…) ou du monde (Dubaï).
Chiffre d'affaires : 549 millions d’euros en 2009 environ
Effectifs : 3300 salariés dont 85% en France
Sites de production : Site historique d’Etival (Vosges), Mulhouse, un site dans le Nord de la France et un en Grande-Bretagne
Au sujet de la prime de rentrée scolaire : « Les Français ont déjà une chance énorme de bénéficier de cette prime de rentrée. Alors lorsque j’entends un député proposait de donner des fournitures scolaires, cela me fait bondir. Donner un produit, c’est en sous-estimer sa valeur et le travail de production qu’il y a derrière »
Le cahier grand format reste le produit le plus populaire du groupe, car il répond à la faveur des professeurs désireux d’y insérer des pages A4. Pour autant, Clairefontaine a décidé de tenter sa chance en proposant le « kover book », un cahier en polymère présenté avec le protège-cahier intégré. « C’est un beau produit, mais nous devrions en vendre assez peu, car les professeurs veulent les deux produits séparément », précise le PDG.
Livraison en juin
Pour se distinguer de son concurrent principal, le groupe Hamelin (marques Oxford et Canson), l’entreprise met en avant la qualité de son papier, fabriqué dans ses propres usines situées dans les Vosges et dans l’est de la France. « Nos usines tournent à plein en hiver et au début du printemps pour être prêt à livrer en juin, avant le creux industriel de l’été en France, précise-t-il. Nous remettons juste un petit coup de pression dans les derniers jours d’août et début septembre ». Si la rentrée des classes représente la période la plus lucrative du groupe (chiffre non précisé), l’industriel s’appuie désormais aussi sur les livraisons de fournitures aux mairies et écoles par l’intermédiaire d’entreprises spécialisées.

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