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Citigroup veut se délester de 400 milliards de dollars d'actifs

09/05/2008

par Jonathan Stempel et Dan Wilchins

NEW YORK (Reuters) - Citigroup, la première banque américaine, annonce son intention de vendre pour 400 milliards de dollars (258 milliards d'euros) d'actifs dans le cadre de son plan de retour à la rentabilité après des pertes abyssales dues à la crise du crédit.

Depuis son arrivée à la tête du groupe en décembre après la démission de Charles Prince, victime de la crise financière, le directeur général de "Citi", Vikram Pandit, était soumis aux pressions insistantes d'investisseurs désireux de le voir réduire les coûts, vendre les activités les moins rentables, voire scinder le groupe.

Car, pour une partie des observateurs, le géant financier monté en une vingtaine d'années par Sanford "Sandy" Weill et son successeur Charles Prince, présent dans plus de 100 pays, était devenu trop gros pour être géré efficacement.

Citigroup a perdu près de 15 milliards de dollars au cours des deux derniers trimestres, conséquence de plus de 45 milliards de dollars de pertes sur crédit et de dépréciations essuyées depuis l'été dernier, début de la crise de liquidité qui a affecté le marché du crédit après l'effondrement des crédits immobiliers à risque (subprimes).

Vendredi, lors d'une réunion très attendue d'investisseurs et d'analystes, Vikram Pandit a présenté son plan. Il a expliqué qu'il voulait ramener les 500 milliards de dollars d'actifs non stratégiques liés à "l'héritage" à moins de 100 milliards en deux ou trois ans, essentiellement par des ventes d'actifs.

Au 31 mars, les actifs de Citigroup s'élevaient à 2.200 milliards de dollars (1.400 milliards d'euros).

WALL STREET SCEPTIQUE

Parmi les actifs susceptibles d'être cédés figurent de l'immobilier, des crédits à effet de levier, des produits structurés adossés à des prêts "subprime" et des véhicules d'investissement structurés, ces deux dernières catégories de produits financiers figurant parmi les principales victimes de la crise des derniers mois.

Si Citigroup réussit sa cure d'amaigrissement, elle deviendra un groupe d'une taille comparable à Bank of America ou à JP Morgan, beaucoup mieux valorisées en Bourse actuellement que Citigroup.

A la différence de ce que pensait Sandy Weill, Vikram Pandit estime que Citigroup n'est pas "un supermarché de la finance". Il s'est dit toutefois attaché aux filiales en difficulté comme la banque de détail aux Etats-Unis et les cartes de crédit.

Wall Street a accueilli ces annonces avec un enthousiasme mesuré: l'action Citigroup perdait près de 3% en fin de séance à 23,65 dollars soit plus que l'indice Dow Jones (-1,0%).

"Il y a beaucoup d'actifs que, franchement, ils ne pourront pas céder parce qu'il n'y aura pas d'acheteur", commente Mirko Mikelic, gérant de Fifth Third Asset Management.

"C'est facile de dire qu'ils veulent vendre telle ou telle ligne d'activité ou tel ou tel actif non performant, mais ils auront du mal à trouver une offre. C'est déjà difficile de financer une opération de fusion-acquisition normale."

Pour certains analystes, l'ampleur des cessions envisagées pourrait en outre préfigurer de nouvelles dépréciations ou des pertes supplémentaires.

"Je crois que la principale question tient au montant des dépréciations supplémentaires. C'est ça qui fait peur aux investisseurs: le problème, c'est le montant de capitaux dont ils ont encore besoin", résume Mirko Mikelic.

NOUVELLES SUPPRESSIONS DE POSTES

Depuis la fin de l'an dernier, Citigroup a levé plus de 40 milliards de dollars de capitaux, dont deux milliards cette semaine, et a réduit son dividende de 40%.

"Dans le contexte actuel, des capitaux excédentaires est une force, absolument", s'est justifié Vikram Pandit.

En Bourse, Citigroup a perdu 55% de sa valeur sur un an, ramenant sa capitalisation sous les 130 milliards de dollars.

Vendredi, Pandit a chiffré à 15 milliards de dollars les économies qu'il comptait tirer de la restructuration, essentiellement via des réductions de coûts. Au final, l'objectif est de parvenir à une rentabilité des fonds propres (RoE) de 18% à 20%.

Son directeur financier, Gary Crittenden, a laissé entendre que les réductions de coûts passeraient par des réductions d'effectifs supplémentaires.

La banque a déjà annoncé 13.200 suppression d'emplois depuis le début de l'année. Les analystes estiment qu'elle pourrait encore en supprimer plusieurs dizaines de milliers d'autres, sur un total de 369.000 salariés fin mars.

Le nouvelle homme fort de Citigroup a indiqué viser une croissance annuelle de 8% à 10% du chiffre d'affaires et indiqué vouloir développer le groupe dans les secteurs de banque d'affaires où il est moins bien représenté comme les dérivés et les transactions électroniques ainsi que les activités de gestion de fortune de la banque dans le monde entier.

Il a dit vouloir cesser de travailler avec les clients jugés non rentables.

Plus symboliquement, il a annoncé le retour du slogan publicitaire "Citi never sleeps" (La Citi ne dort jamais).

Avec Herb Lash et Kristina Cooke à New York, Doris Frankel à Chicago, Jessica Hall à Philadelphie, version française Marc Angrand et Danielle Rouquié

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