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L'Usine Santé

Cinq technos pour vaincre un fléau mondial

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Alors que les gouvernements multiplient les plans d’action contre le cancer, l’industrie pharmaceutique se mobilise. Et explore de nouvelles voies. Revue de détail.

Cinq technos pour vaincre un fléau mondial

1.L’immuno-oncologie

Le concept : Plus efficace que les thérapies ciblées, elle augmenterait l’espérance de vie des patients. Expérimentée durant une vingtaine d’années avant de faire ses preuves, l’immuno-oncologie est l’approche phare et son marché pourrait atteindre 33 milliards de dollars à l’horizon 2022. Ses médicaments aux noms barbares (anticorps anti-PD-1 ou PD-L1…) réveillent le système immunitaire afin de l’aider à reconnaître et à contrer ses cellules cancéreuses. En particulier dans les maladies dont les tumeurs mutent facilement, comme les cancers de la vessie, du poumon, de la peau, de la tête et du cou (larynx et ORL).

Les industriels en première ligne : Deux big pharma américaines, BMS et Merck, ont fait figure de pionnières en lançant les premiers médicaments (l’Opdivo et le Keytruda), qu’elles développent aujourd’hui dans de nouvelles indications. Avec retard, le suisse Roche s’est lancé et planche sur des combinaisons avec ses thérapies ciblées. Idem pour l’anglais AstraZeneca, qui s’intéresse à une voie d’action spécifique, le DDR (DNA damage response), pour empêcher l’ADN des cellules cancéreuses de se réparer.

Le français à suivre : La PME marseillaise Innate Pharma a déjà signé des partenariats avec BMS, AstraZeneca et le français Sanofi, intéressés par ses trois potentiels médicaments en cours d’essais cliniques.

Les limites : Très efficace mais chez un nombre restreint de malades, avec parfois de lourds effets secondaires.
 

2.La médecine personnalisée

Le concept : Créer des médicaments ciblant un groupe de patients présentant la même anomalie moléculaire au sein de leur tumeur. Grâce à l’analyse de leur ADN, à une meilleure connaissance des maladies et aux tests de diagnostic qui permettront ensuite de suivre aussi l’efficacité du traitement. L’objectif est d’obtenir des taux de réponse plus élevés et moins d’effets secondaires.

Les industriels en première ligne : Les « thérapies ciblées » de la biotech californienne Genentech (comme Herceptin dans le cancer du sein et Avastin dans plusieurs cancers) ont sauvé la vie de nombreux patients. Elle appartient désormais au groupe Roche, qui a su la combiner à son activité diagnostic pour devenir le numéro un mondial de l’oncologie. D’autres grandes biotechs américaines innovent aussi : Amgen, Janssen, Celgene…

Le français à suivre : L’ETI Ipsen veut devenir une référence dans des « niches en oncologie » grâce à la Somatuline et au Cabozantinib – un médicament prometteur pour la thyroïde, le rein et le foie –, qu’il s’est récemment (et chèrement) offert.

Les limites : Efficace sur un très petit nombre de patients. Et, même si leur survie est prolongée, certains d’entre eux rechutent.
 

3.Le vaccin thérapeutique

Le concept : Aucun vaccin thérapeutique contre le cancer n’a été mis sur le marché, sauf un produit controversé ciblant la prostate, aux États-Unis. Mais une douzaine, utilisant le même concept que l’immunothérapie, est en phase ultime de développement, selon EvaluatePharma. En juin, une publication dans « Nature » a suscité espoir et scepticisme : l’allemand BioNTech a testé sur des souris et sur trois patients un vaccin qu’il imagine capable de soigner tout type de cancer. Il a introduit des bribes génétiques de cellules cancéreuses dans des nanoparticules de graisse ensuite injectées dans le système sanguin du malade.

Les industriels en première ligne : Le groupe allemand Boehringer Ingelheim avec deux partenariats (pour les cancers du poumon et colorectal), la biotech danoise Bavarian Nordic aidée par BMS.

Le français à suivre : La biotech parisienne Ose Pharma, en phase ultime de développement contre une forme de cancer du poumon, avec des résultats attendus pour 2018.

Les limites : De nombreux projets, pas assez efficaces et reproductibles, ont dû être abandonnés en cours de développement. Et la fabrication de la plupart de ces vaccins, réalisée à partir des cellules du patient, requiert 25 étapes ! Des produits personnalisés qui dépasseraient le « million de dollars par individu à traiter », estime Olivier Mir, cancérologue à l’institut Gustave Roussy, qui ne les voit pas au point avant « dix ou quinze ans ».
 

4.La thérapie cellulaire

Le concept : Pouvoir corriger directement la cellule du malade pour le guérir d’une tumeur complexe ou pédiatrique. La plus avancée est la thérapie cellulaire Car-T, dans les leucémies. Le principe : cibler les antigènes à la surface des cellules cancéreuses du patient en y introduisant des « médicaments cellules », les lymphocytes T génétiquement modifiés issus du système immunitaire d’un donneur.

Les industriels en première ligne : Numéro un mondial de la pharmacie, le suisse Novartis est en tête, suivi des biotechs américaines Juno et Celgene et des laboratoires américain Pfizer et français Servier, qui misent tous deux sur la technologie du parisien Cellectis.

Le français à suivre : Cotée en France et aux États-Unis, la biotech Cellectis a vu Pfizer entrer à son capital, séduit par son expertise issue de l’institut Pasteur : la modification ciblée de l’ADN à l’aide de « ciseaux moléculaires ». Si les premiers essais sur l’homme, lancés cette année, sont satisfaisants, Servier et Pfizer prendront le relais dans l’espoir de commercialiser un traitement d’ici à 2022.

Les limites : Autorisées en Europe depuis 2009, rares sont les thérapies cellulaires homologuées. Du chemin reste à parcourir pour ces produits risqués, notamment en matière de production, de réglementation et de prix. Même si la France s’est offert la plate-forme de CellForCure, filiale du groupe pharmaceutique public LFB, pour produire ces traitements.
 

5.La radiothérapie 

Le concept : Au début du xxe siècle, Marie Curie découvre que les rayons X peuvent diminuer les tumeurs en tuant les cellules cancéreuses. Depuis, plusieurs formes de radiothérapie ont été développées pour mieux protéger les tissus sains en faisant appel à différents procédés, comme l’administration par voie orale ou par intraveineuse d’une substance radioactive.

Les industriels en première ligne : Déjà bien placé, le groupe pharmaceutique allemand Bayer s’est emparé en 2013 du norvégien Algeta, un spécialiste des particules alpha émises par le radium 223 (dans le cancer de la prostate notamment) et le thorium 227 pour détruire les cellules cancéreuses.

Le français à suivre : En utilisant le plomb 212, un radioélément qu’il produit à partir du thorium, le géant du nucléaire Areva s’est lancé à son tour dans l’« alphathérapie ». Il espère traiter des tumeurs difficiles d’accès en le couplant avec un anticorps injecté au patient. Et collabore avec des laboratoires publics et privés, dont Roche, pour finaliser ces anticancéreux hyperciblés à l’horizon 2020.

Les limites : Produire à grande échelle un élément radioactif au temps de demi-vie suffisamment long pour assurer la préparation, le trajet et l’injection jusqu’à la cellule d’un malade…, mais assez court pour limiter sa toxicité dans le corps.

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