[ACTUALISE] - La date limite pour le dépôt des offres de reprise était fixée à ce 10 août à 9h30. Mais une sixième proposition pourrait être faite dans la matinée, selon les administrateurs.
L’administrateur judicaire en charge du pôle mis en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Quimper début août a annoncé que cinq offres avaient été déposées. Mais aucune ne prend en compte la totalité de l’activité pôle frais.
Selon l’un des administrateurs Sophie Gautier, les groupes Duc, Duc associé à Glon Sanders (filiale de Sofiproteol), Axereal, Tallec et LDC sont intéressés. Mais tous ne veulent reprendre que certains sites sur les 9 du pôle : Clémont (Cher), Serent (Morbihan), Laval (Mayenne), Boyne (Loiret) et Amilly (Loiret). Une sixième offre est en germe pour le site de Graincourt, mais elle est irrecevable juridiquement. Elle pourrait être améliorée, et a été déposée vendredi pour le compte d'une société iranienne.
LDC à Laval et Serent
Pour l'heure, le groupe LDC a révélé à l'AFP avoir déposé une offre pour le site de Laval portant sur la totalité des effectifs (303 personnes) et avoir fait une proposition de reprise partielle pour le site de Serent, comprenant 55 des 175 salariés, avec des propositions de postes sur deux des sites du groupe dans le Morbihan.
De son côté, Glon Sanders a seulement confirmé avoir déposé une offre avec Duc portant sur trois sites industriels : l'usine de fabrication d'aliments pour volailles de Clémont (Cher), le couvoir de poussins d'Amilly (Loiret) et l'abattoir de poulets à Boynes (Loiret).
Pour le site de Serent, le groupe Tallec a aussi fait savoir son intérêt pour reprendre les 147 salariés. Duc propose lui de reprendre 101 personnes et LDC 55, selon les syndicats FO et CFDT. Les autres offres et leur contenu n'ont pas été révélés.
En l'état actuel, toutes les offres préserveraient entre 450 et 500 emplois, sans compter les 134 personnes reprises à Pleucadeuc dans le plan de continuation du groupe Doux, sur un total de 1 704.
Au total, ce pôle compte quelque 1 700 emplois notamment dans les abattoirs répartis en 9 sites. Seuls cinq d'entre eux pourraient donc être repris. En effet, Doux frais est présent à Blancafort (Cher, 244 emplois), Boynes (Loiret, 172 emplois), Graincourt (Pas-de-Calais, 253 emplois), La Vraie Croix (Morbihan, 115 emplois), Laval (Mayenne, 303 emplois), Le Pontet (Vaucluse, 20 emplois), Pleucadeuc (Morbihan, 407 emplois), Sérent (Morbihan, 175 emplois) et Champagne (Ardennes, 15 emplois). A 9h30, aucune offre n'avait été déposée pour les sites de Graincourt et de Blancafort, pourtant deux sites importants pour le pôle.
"Précipice social et industriel"
Face à ces offres, le ministre délégué à l'agroalimentaire Guillaume Garot a expliqué "le combat que nous avons mené depuis des semaines a permis de sauver 683 emplois, à la fois des emplois repris et des emplois reclassés. L'Etat ne laissera pas tomber les salariés qui n'ont pas de solution. Avec la liquidation nous avons frôlé le précipice social et industriel, et aujourd'hui (..) nous avons des offres qui préservent l'avenir. L'outil de production, dans sa grande partie, est préservé".
Du côté des salariés des différents sites concernés, les réactions sont assez réticentes. Les syndicats CGT, les unions départementales et la Fédération nationale agroalimentaire déplorent vendredi dans un communiqué que "les offres de reprise poursuivent le processus de dépeçage du groupe. On ne pouvait rien attendre d'autre d'un +tribunal des affaires+ qui juge en fonction d'intérêts capitalistes bien compris. Ainsi les LDC, DUC et autres font-ils leur marché pour s'accaparer ce qui les intéresse dans leur recherche de profits immédiats", souligne la CGT.
L’activité du pôle frais doit perdurer jusqu’au 10 septembre prochain, d’après le tribunal qui aura à se prononcer sur l’attribution du pôle après examen des offres déposées ce jour. Le tribunal pourrait trancher au cours de la première semaine de septembre, lors d'une audience dont la date n'a pas encore été fixée, selon Mme Gautier.
Les autres activités du groupe Doux bénéficient d’une période d’observation jusqu’au 30 novembre. Deux syndicats, la CGT et FO, ont fait savoir qu’ils avaient l’intention de faire appel du jugement. Un comité central d'entreprise (CCE) doit se réunir au siège de Doux à Chateaulin (Finistère) le 21 août, selon la CFDT, syndicat majoritaire.











