Chute libre russe
Le 01 février 2010 par Ana Lutzky
Chute libre russe
La Russie a vu son Produit intérieur brut (PIB) chuter de 7,9% en 2009, alors qu'elle avait connu une croissance de 5,6% en 2008, selon des chiffres provisoires publiés lundi par l'agence russe des statistiques Rosstat. Après la croissance en W, L et autres racines carrées prédites pour l’Europe ou les Etats-Unis, nous avons donc à présent la croissance comparée en bouche de pac-man : le R des Bric chute de 8% en 2009, son C grimpe de 8%. La crise a marqué le retour des Etats, analyse The Economist qui titre sur le Léviathan.
Le géant Gazprom, monopole russe du gaz contrôlé par l'Etat, a d’ailleurs annoncé lundi un bénéfice net en chute de 36% par rapport à la même période de 2008. Un coup dur pour cet empire bâti sur des structures de production datant de l'époque soviétique, contrôlant un quart des réserves mondiales de gaz, représentant environ 8% du PIB russe, et fournissant un quart de la consommation européenne de gaz. Le groupe, qui exporte 65% de son gaz en Europe, a été durement touché par la chute de la demande en provenance du Vieux continent.
Le volume de gaz vendu en Europe a baissé de 11%, mais cela a été compensé par la hausse de 5% des tarifs. Concernant les pays de l'ex-URSS, les volumes vendus ont été divisés par deux, mais les prix ont grimpé de 87%. La baisse du résultat net est de son côté due à une hausse de 16% des dépenses opérationnelles, et essentiellement à une augmentation du prix du gaz acheté par Gazprom en Asie centrale, explique le groupe. Le développement des activités de ventes de gaz sur les marchés financiers européens a aussi affecté le bénéfice net, ajoute-t-il. Ces activités se font aux dépens des contrats bilatéraux signés entre Gazprom et ses clients européens.
Pékin se courtise, Rio sécurise, Caracas s’électrise
En Chine, le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI), partenaire d’Areva sur son mini EPR l’Atméa spécial nouveaux émergents, a annoncé lundi la création d'une nouvelle filiale à Pékin, « dans le coeur décisionnel du pays ». Objectif : multiplier ses contacts, collecter des informations et augmenter ses chances d'y décrocher des marchés. Le champion français de l’atome s’en frotte certainement les mains.
Au Brésil, Areva vient d’ailleurs de signer un contrat avec Industrie nucléaire du Brésil (INB) pour la fourniture en combustible de l’unique centrale nucléaire du pays à Angra, dans l'Etat de Rio de Janeiro. De ce contrat, on ne sait à peu près rien, sauf qu’il permet à la centrale de sécuriser son approvisionnement sur cinq ans. Un jalon dans l’opération séduction d’Areva pour y vendre des réacteurs.
Quant au président socialiste du Venezuela Hugo Chavez, il a annoncé dimanche la création d'un fonds doté d'un milliard de dollars (720 millions d'euros) pour lutter contre la grave crise électrique dans laquelle est plongé son pays. Au Venezuela, la demande d'électricité dépasse d'un mégawatt l'offre quotidienne ! Peu enclins à voir nationalisés leur turbine à gaz ou leur barrage,les énergéticiens occidentaux rechigneront peut-être à se bousculer pour rafler des contrats,.
Mythes et réalité sur les informaticiens indiens
Pressées par le temps, les plus grosses entreprises indiennes de l’information et des télécommunications ne peuvent minutieusement sélectionner chaque candidat arrivé sur le marché après sa formation, explique The Economist. Elles se limitent à puiser dans le gisement des informaticiens issus des meilleures universités, laissant sur le carreau tous ceux diplômés d’établissements moins prestigieux. L’introduction en Inde d’un test standardisé à l’image du GRE et du TOEFL, sésames pour rentrer dans les universités américaines, pourrait sauver la mise aux pépites geek rejetées a priori, raconte l’hebdomadaire anglo-saxon. Prometric, l’entreprise privée qui gère le GRE et le TOEFL, fait d’ailleurs un juteux fond de commerce des tests américains passés chaque jour par des milliers d’étudiants à travers la planète. Des innovateurs en Inde ont compris la leçon. Les deux frères Himanshu et Varun Aggarwal, fondateurs de la start up Aspiring Minds, ont développé un test made in India, capable de supporter des coupures de courant et directement installé sur les ordinateurs des campus. De quoi donner de la visibilité à l’ensemble des étudiants indiens, et non uniquement à la partie émergée de l’iceberg issue des filières les plus sélectives a priori. Les SSII françaises craignent l’effet Wipro, fuite des cerveaux vers l’Asie dans l’informatique ? Avec des initiatives telles que celle d’Aspiring Minds, elles risquent de voir le phénomène s’accélerer.
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Brésil, Russie, Inde, Chine, les BRIC sont l'avenir de la croissance mondiale. De pays émergents, ils sont désormais les pays dominants. La formation de nouveaux blocs renversent les anciens équilibres mondiaux. Ana Lutzky et Pierre-Olivier Rouaud décryptent les nouveaux enjeux géopolitiques au travers du prisme de l'actualité. L'information du monde pour écouter la planète.

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