Christine Lagarde : «La mécanique actuelle de l'OMC, c'est l'échec assuré»
Par Rémy Maucourt - Publié leLa ministre de l'économie a présenté dimanche les grands principes du G20 présidé par la France. Au programme, finalisation du cycle de Doha et d'un projet de taxe Tobin. Objectif: obtenir une croissance "solide et durable".
Au forum de Davos, les dirigeants français ont présenté les grandes orientations du prochain G20. Interrogée par la Tribune, la ministre de l'économie Christine Lagarde assume des objectifs moins ambitieux qu'à l'origine. "L'objectif est double. Parvenir à moins de volatilité, et éviter aux grands pays émergents d'être déstabilisés par les arrivées massives de capitaux". "Au final, nous visons à assurer une croissance solide, équilibrée, durable, et créatrice d'emplois."
Christine Lagarde s'est montrée critique envers l'Organisation Mondiale du Commerce, qu'elle accuse de compliquer la conclusion du cycle de Doha. "La mécanique actuelle de l'OMC, [...] c'est l'échec assuré", a-t-elle déclaré. Les principales difficultés des négociations de Doha résident "dans la partie d'équilibristes qui se joue entre les Etats-Unis et l'Inde tout particulièrement", précise-t-elle. Les grandes nations commerciales ont promis samedi à Davos de relancer le cycle de Doha de libéralisation des échanges, au point mort depuis 2008. Les dirigeants se sont engagés à tout mettre en oeuvre pour aboutir à un accord en juillet.
La ministre a également évoquée le projet de taxe internationale sur les échanges financiers, plus connue sous le nom de taxe Tobin. L'objectif des Français est de constituer un groupe de pays pionniers pour préparer un projet précis. Ce travail est en cours avec les Allemands, même si "il faut admettre que nombre de pays sont aujourd'hui très rétifs". Cette taxe prendrait la forme "d'une transaction sur les changes, car c'est ce qu'il y a de plus identifiable et de plus traçable."
Interrogée sur les résultats concrets à attendre du G20 français, Christine Lagarde a botté en touche : "Le G20 est une machine à former du consensus, qui débouche sur des principes. Chacun des dirigeants rentre ensuite dans son pays et décline les principes au plan national, sous la forme de règlements, de directives, de lois."

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