CHIMIELes catalyseurs dopés par l'environnement

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2464

CHIMIE

Les catalyseurs dopés par l'environnement





"Le marché mondial des catalyseurs pour l'environnement, près de 17milliards de francs en 1993, devrait atteindre quelque 28 à 30milliards d'ici à1998", prévoit Clyde Payn, président du cabinet américain Catalyst Consultants. En effet, l'évolution de la demande de ce secteur suit les réglementations antipollution. C'est le cas notamment pour les pots catalytiques de l'automobile, mais aussi pour les nouvelles formulations des essences dans le secteur du raffinage. Ainsi, la course aux indices d'octane les plus élevés et l'essence sans plomb stimulent le marché du reformage catalytique, et l'interdiction progressive du soufre favorise les catalyseurs d'hydrodésulfuration. "Pour des caratéristiques peu différentes, la durée de vie des catalyseurs de reformage est pratiquement passée de huit à quatre ans", précise un responsable des achats du raffinage. Cependant, si les volumes augmentent, les prix suivent encore difficilement. Ainsi, pour le craquage catalytique sur lit fluidisé (FCC), qui représente la moitié du marché mondial des catalyseurs de raffinage, "les prix reviennent à peine au niveau de ceux de 1990", remarque Jean-Pierre Franck, directeur général de Procatalyse, filiale de l'IFP et de Rhône-Poulenc. "Aucun point commun entre le marché du raffinage, avec des produits très optimisés et des technologies bien maîtrisées, et le secteur de la chimie, qui se distingue par de fortes valeurs ajoutées sur de nouveaux procédés pour des applications très diverses", précise-t-il.

Achats et regroupements

Le secteur a beaucoup souffert de la récente crise économique, qui s'est d'ailleurs souvent traduite par des regroupements et des achats chez les fabricants de catalyseurs. Citons pour exemple la création, en 1992, de la filiale commune Acreon Catalysts entre Engelhard et Procatalyse pour le reformage. D'autre part, Grace Davison, déjà leader mondial en craquage catalytique fluide, a acheté la branche désulfuration de l'UOP l'année dernière. "Ces achats et regroupements laissent entrevoir des augmentations de chiffres d'affaires souvent artificiels, mais favorisent la consolidation du marché", estime Clyde Payn. L'explosion économique en Asie devrait stimuler la demande. Procatalyse, qui réalise 80% de ses ventes à l'export, s'intéresse particulièrement à la quinzaine de raffineries en projet en Thaïlande, en Indonésie, en Malaisie, en Corée, etc. "En Chine, une dizaine de raffineries pourraient apparaître sur la façade pacifique, mais les marchés seront difficiles à gagner, car la Chine est déjà productrice de catalyseurs", précise Jean-Pierre Franck. D'après lui, la CEI ouvre en revanche de bonnes perspectives, les catalyseurs russes ayant vingt ans de retard technologique.

P. L.-P.

USINE NOUVELLE - N°2464 -

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