Chic et pas chère

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3300
Louis Schweitzer
© AFP

Être patron, c'est parfois savoir rouler dans le sens contraire de ses équipes. En 1995, Louis Schweitzer, le PDG de Renault, réunit ses cadres dirigeants. Son message : Renault doit s'internationaliser et ne plus raisonner à l'échelle européenne.

 Après l'échec du rachat du constructeur tchèque Skoda, repris en 1991 par Volkswagen, Louis Schweitzer veut une marque d'entrée de gamme à positionner sous la marque Renault. "J'ai eu beaucoup de difficultés à transmettre ma conviction aux équipes (...). Ce n'était pas du tout, mais alors pas du tout naturel dans leur esprit", confie l'ancien patron dans "L'Épopée Logan", de Bernard Jullien, Yannick Lung et Christophe Midler, à paraître dans quelques semaines chez Dunod.

À l'automne 1997, le patron, qui cherche à implanter Renault en Russie, y accompagne Jacques Chirac en voyage officiel.

Dans une concession, il voit des Lada à 6 000 dollars. "Je suis revenu avec ce prix et l'idée d'une voiture moderne, robuste et accessible", explique Louis Schweitzer. Face à l'incrédulité du comité exécutif, il nomme un directeur de projet, "qui n'était pas une star de Renault à l'époque", Jean-Marie Hurtiger.

Le projet X90 démarre. Il prend corps avec le rachat du constructeur roumain Dacia en 1999. "Je n'achetais l'usine que parce qu'il y avait le projet qui, entre-temps, était devenu la voiture à 5 000 euros", reconnaît-il.

Les premières Logan sortent en 2004. Au bout de quelques semaines, les Roumains font la queue devant les concessions Dacia. "Au comité exécutif, personne n'avait jamais vu cela", se rappelle Louis Schweitzer.

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