Après avoir été reçu par la direction, les syndicats restent sur leur faim. Ils n’ont obtenu aucune réponse satisfaisante. Les salariés se sont mobilisés devant le site de Chilly-Mazarin.
A l’issue de la première partie du comité central d’entreprise de Sanofi dédié à la partie recherche, l’ambiance est morose du côté des syndicats. Pourtant, les salariés du groupe pharmaceutique ont été plus de 500, selon leurs représentants, à se mobiliser ce jeudi matin devant le site de Chilly-Mazarin (Essonne), où se tient la réunion.
"Pour la première fois, et c’est historique, la direction n’a pas laissé les salariés entrer sur le site", affirme Thierry Porret, délégué syndical central CFTC, à l’Usine Nouvelle. En amont du CCE, Elias Zerhouni, président monde de la R&D de Sanofi, a néanmoins reçu les salariés de Toulouse (Haute-Garonne), qui craignent que leur site ne soit fermé dans le cadre du plan de réorganisation annoncé par le groupe la semaine dernière. "Après trois quarts d’heure d’entretien, ils sont sortis en pleurs, mais n’ont eu aucune communication" sur ce projet, regrette Thierry Porret.
Selon les syndicats, la direction ne souhaite en effet pas revenir plus en détails sur la restructuration en cours. Les élus ont pourtant tenté d’en savoir plus durant la réunion. Les disparitions d’emplois semblent inéluctables. "J’ai demandé s’il y avait une alternative au plan de suppression d’emplois. La réponse a été non", raconte Thierry Porret.
Les cinq syndicats ont ensuite demandé à la direction d’avoir les documents le plus vite possible pour mettre en place des procédures d’information et de consultation, et ils n’ont pas eu de réponse de la direction. "Chez Sanofi, on ne parle encore que de réflexions sur l'évolution de ses activités en France à l'horizon 2015".
Après la France, l’Allemagne
Il ne devrait pas y avoir de nouvelle rencontre cet été. "Les élus ne souhaitent plus de réunion avant septembre", confie Bernadette Tric, déléguée syndicale centrale CGT. A cause des nombreux départs en vacances, la discussion risquerait d’être fragmentée. Une position partagée manifestement par Sanofi, qui précise "sa volonté d'engager une phase de dialogue avec les partenaires sociaux dans le but de présenter un projet dans le courant du mois de septembre, ainsi qu'avec les représentants des collectivités locales et territoriales".
Le CCE se poursuit néanmoins cet après-midi. Au programme de la discussion : le "hub" de recherche que veut créer Sanofi en France. Aux Etats-Unis, un projet similaire avait été lancé en fin d’année dernière. Il toucherait à la fin. Il a entraîné une restructuration de la R&D sur place. Enfin, en Allemagne, le troisième hub est envisagé par le groupe. "Il risque de conduire à 333 suppressions de poste", affirme Thierry Porret.











