"Chez Philips, le monde est notre laboratoire"
Par Adrien Cahuzac - Publié le
ENTRETIEN Philips présentait le 27 septembre 2011, aux Pays-Bas, une batterie de prototypes et nouveaux appareils, marquant le tournant pris par le groupe dans les technologies pour la santé et le bien-être. A cette occasion, Henk Van Houten, directeur monde de la R&D et frère du PDG, Frans Van Houten, a expliqué à L’Usine Nouvelle les priorités du géant néerlandais en matière d’innovation.
L’Usine Nouvelle - Philips a connu beaucoup de changements stratégiques majeurs ces dernières années, en cédant plusieurs activités historiques, comme récemment les téléviseurs. Quelles sont aujourd’hui les priorités de recherche et développement du groupe ?
Henk Van Houten - Philips veut devenir le leader des technologies sur la santé et du bien-être. Nos efforts portent principalement sur ces deux domaines. Dans la santé, nous développons des solutions contre le développement des maladies chroniques, comme le cancer ou les pathologies cardio-vasculaires, et le vieillissement de la population. Nos produits et services doivent permettre de réduire au maximum le temps passé en hôpital tant pour des raisons de confort pour le patient que de coût pour la société. Dans le secteur grand public, nous mettons au point des systèmes permettant d’adopter une meilleure hygiène de vie. C’est notamment le cas de la technologie "Active Water" qui sera lancée en Chine l’an prochain. Elle permet de purifier les fruits et légumes en enlevant les produits phytosanitaires incrustés dans leur peau.
Et sur l’éclairage ?
Nous sommes leaders depuis vingt ans dans les systèmes d’éclairage et nous entendons bien le rester, notamment avec les technologies LED et OLED (NDLR : Organic light-emitting diode). Nous vivons une véritable révolution dans ce domaine. Nous avons développé les premières ampoules LED, capables de remplacer les lampes incandescentes allant jusqu’à 75 watts et des écrans lumineux OLED souples. Nous avons également mis au point un miroir interactif OLED équipé d’une caméra qui détecte les mouvements et reproduit sa vision en images pixélisées.
Comment s’articule la recherche du groupe dans le monde ?
Nous disposons de 7 laboratoires de recherche dans le monde, dont 4 en Europe, qui emploient au total 20 000 personnes. Même si Eindhoven représente toujours l’essentiel de notre force de recherche (NDLR : 80 % des 1 500 chercheurs du groupe), nous avons des bases aux Etats-Unis, en Chine et en Inde. Désormais, des innovations sont mises au point directement par nos centres externalisés, comme le procédé "Active Water" par nos équipes chinoises. Nous disposons au total d’un budget de 1,6 milliard d’euros, soit l’équivalent de 7 % du chiffre d’affaires, qui a été augmenté de 200 millions d’euros en juillet.
Développez-vous des collaborations extérieures ? Comment ?
Oui, le monde est aujourd’hui notre laboratoire ! Nous devons accélérer le processus d’innovation. A ce titre, nous développons de plus en plus de collaborations internationales avec des universités, entreprises, start-up ou même fournisseurs, spécialisés dans un domaine précis. C’est une tendance que nous avons initiée il y a 10 ans et que nous renforçons. En Russie par exemple, nous venons de conclure en juin un accord avec le géant Rosatom, pour le développement de la médecine nucléaire. Il s’agira notamment de fabriquer des matériels de diagnostic, comme des tomographes assistés par ordinateur.

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