Chez Gefco, devenir polyglotte coûte moins cher
Par Cécile Maillard - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3215Le groupe de logistique a réorganisé les formations en langues de ses 27 filiales et opté pour des cours à distance, moins coûteux que le face-à-face.
Durement touché par la crise de 2008, Gefco, groupe de logistique industrielle spécialisé dans l'automobile, filiale de PSA, a suspendu ses formations en 2009. Les cours de langues étaient alors suivis par 10 % des effectifs. « Avant 2007, une grande partie des demandes étaient acceptées, ce qui entraînait un volume important d'heures par salarié, donc un coût élevé et un retour sur investissement faible », explique Kate Marion, chargée d'études formation. Depuis, Gefco évalue le niveau des candidats avant d'accorder une formation. « Le test Bright nous a permis de sélectionner les salariés qui avaient réellement besoin de cours, et de leur fixer un niveau à atteindre », explique Luis Marchal, le responsable de la formation du groupe Gefco. Les dépenses ont ainsi été réduites de 42 % entre 2007 et 2008.
« En mai 2009, nous avons interrompu nos formations non obligatoires, poursuit Luis Marchal, mais nous ne pouvions pas renoncer aux compétences en langues. Notre groupe a 27 filiales, nos salariés doivent être capables de travailler les uns avec les autres et d'échanger avec les clients. » L'e-learning semble la bonne solution : il évite le coût élevé des cours en face-à-face et permet de négocier un prix global de l'offre de formation au niveau du siège.
COURS À LA MAISON
Gefco choisit comme prestataire Digital Publishing, un organisme de formation en langues, spécialiste de dispositifs déployés sur plusieurs pays. Testé jusqu'en juin dans cinq pays (France, Portugal, Autriche, Russie, Royaume-Uni), le dispositif est déployé depuis septembre dans une dizaine d'autres. À la fin de l'année, 248 salariés en auront bénéficié.
L'essentiel des cours se fait en ligne, mais chaque filiale peut les compléter par des séances en face-à-face. Une formule testée en 2009, en France, par Virginie Quérat-Hément, de la direction qualité. Elle a travaillé ses cours chez elle, à raison d'une heure tous les dimanches pendant six mois. « Suivre l'équivalent de ces heures de formation au sein de l'entreprise aurait été trop compliqué. » Toutes les trois semaines, une formatrice venait dans l'entreprise dispenser un cours de 1 h 30.
Digital Publishing a préparé des cours (anglais ou français) utilisant le vocabulaire de la logistique. Les cours en ligne sont accompagnés par des tuteurs, qui corrigent les exercices. À l'aide d'une plate-forme logicielle, ils suivent le travail du salarié. « Cela évite l'absentéisme, très fréquent en France », explique Luis Marchal.
Les coûts de la formation ont chuté : au niveau monde, le nombre d'apprenants ayant par ailleurs été réduit, ils sont passés de 3,9 millions d'euros en 2007 à 731 000 euros en 2010. L'entreprise est très satisfaite de la qualité du e-learning : « On progresse plus vite qu'en face-à-face, et la mise en place est beaucoup plus simple, relève Kate Marion. Cela permet d'obtenir des résultats très rapidement. »

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