Cherbourg et Saint-Nazaire, bases d'Alstom pour l’éolien marin français
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[REACTUALISE] Si l’appel d’offres sur l’éolien offshore lancé par le gouvernement en juillet lui donne le feu vert, Alstom implantera deux sites, dédiés à la production de composants et à l’assemblage d’éoliennes offshore, sur les ports de Cherbourg et de Saint-Nazaire.
"Les investissements d’Alstom pourraient attendre 100 millions d’euros et générer jusqu’à 1 000 emplois directs et 4 000 emplois indirects", a indiqué le groupe dans un communiqué. Alstom confirme son intention d’implanter à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et à Cherbourg (Manche), des sites pour la production d’éoliennes offshore, à peine plus d’un mois après son concurrent Areva.
Lors d’une conférence de presse, un porte-parole d'Alstom a précisé à l'AFP que cet investissement et les emplois associés « sont fondés sur l'hypothèse où le consortium, dont Alstom sera le fournisseur exclusif, obtiendrait la moitié de la phase 1 de l'appel d'offres portant sur la création au large des côtes françaises de cinq fermes éoliennes d'une capacité totale de 3 gigawatts ».
Le PDG du groupe, Patrick Kron, a d’ailleurs souligné qu'il s'agirait de la première ouverture d'usines Alstom en France depuis vingt ans « si évidemment le consortium était sélectionné au niveau approprié » d'au moins 1,5 gigawatt. « L'attribution au consortium d'une tranche plus réduite entraînerait une révision du projet », a-t-il ajouté. L'hypothèse de l'ouverture d'un seul site serait alors envisagée.
Deux sites de production dans l’Ouest de la France
Dans l’hypothèse la plus optimiste, Alstom prévoit d’implanter à Saint-Nazaire les activités de fabrication des nacelles et des alternateurs, ainsi qu’un centre d’ingénierie. Alstom y produirait l’« Haliade 150 », sa première éolienne en mer de 6 MW, qu’il qualifie de « robuste, simple et efficace ». En parallèle, Cherbourg verrait l’installation d’un site de production de pales de 73,50 mètres, « les plus longues au monde » selon Alstom, et l’atelier de fabrication de mâts.
Les deux ports n’ont pas été choisis au hasard : ces bassins d’emplois présentent un réseau de sous-traitance conséquent, en matière d’électromécanique, de chaudronnerie de grandes pièces, de manutention de colis lourds et de connaissances des milieux marins. D’autre part, Alstom a son centre de R&D sur les énergies marines, situé à Nantes (Loire-Atlantique).
« En s’implantant à Saint-Nazaire et à Cherbourg, Alstom s’inscrirait dans l’ambition du consortium de créer en France avec ses fournisseurs, une filière industrielle et technologique pérenne », a souligné Jérôme Pécresse, le président d’Alstom Renewable Power, qui s’est dit « heureux de participer à l’aménagement du territoire ».
De son côté, la ville de Saint-Nazaire et les autorités régionale et départementale se sont félicitées de cette annonce. Le président du conseil régional des Pays-de-la-Loire, Jacques Auxiette, a précisé à l’AFP que la région compte investir près de 75 millions d’euros d’ici à 2014 pour soutenir la filière, qui représenterait au total, des investissements de l’ordre de 10 milliards d’euros.
En Basse-Normandie, l'heure est aussi aux réjouissances, d'autant plus que Laurent Beauvais, le président de la Région avait déjà été échaudé par la décision « contre toute attente » d'Areva et de son consortium de choisir Le Havre (Seine-Maritime) pour la création d'une filière industrielle offshore en France. Il ne boude cependant pas sa satisfaction. « C'est le fruit d'un formidable travail entre les collectivités et Ports Normands Associés (PNA), le syndicat mixte régional des ports de Caen-Ouistreham (Calvados) et de Cherbourg, déclare-t-il, nous avons créé les conditions de ce choix, nous allons maintenant créer celles de sa réalisation ».
Avec force investissements. « Nous allons investir 60 millions d'euros sur le port de Cherbourg pour préparer l'industrialisation de ces éoliennes. L'aménagement des quais sera financé par PNA à hauteur de 40 millions d'euros et les collectivités investiront 20 millions dans les bâtiments industiels » rajoute Laurent Beauvais qui conclue : « Si Alstom, qui décidera in fine se lance dans la construction d'éoliennes, nous seront déjà opérationnels ».
STX travaille avec Alstom sur des prototypes d’éoliennes
En prévision de la concrétisation de ces projets, Alstom avance sur un prototype d’éolienne offshore qu’il testera début 2012, sur le site du Carnet, à Frossay (Loire-Atlantique). C’est STX qui est chargé de la construction de la « fondation » (jacket), la structure d’une trentaine de mètres qui soutient le mât d’une éolienne. « Nous livrerons cette structure fin novembre », déclare Jacques Hardelay, le directeur général du chantier naval STX France, à la recherche depuis plusieurs années d’une diversification industrielle.
STX attend ensuite que ce prototype soit suivi de la construction de préséries. « Il s’agit d’un démarrage graduel. Tout ceci est nouveau pour Alstom, mais aussi pour nous », explique Jacques Hardelay, qui indique avoir « investi sur les hommes, puisqu’une vingtaine d’entre eux ont été formés pour s’adapter à la structure de la fondation, qui n’est pas la même que pour les structures de la construction navale ».
Le chantier est en pleine validation de son plan industriel pour ce projet. Mais Jacques Hardelay ne veut pas s’aventurer dans un investissement massif « sans connaître les volumes commandés ». Précaution d’autant plus nécessaire que, concernant ces éléments-ci, « la concurrence européenne existe… ».
Amandine Ascensio et Patrick Bottois

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