"Charles Doux a privilégié son sort personnel" selon Arnaud Montebourg

Publié le
Doux
© D.R. - Doux

  Dans un entretien à la presse régionale, le patron du volailler Doux assurait ce matin du 6 juin avoir "tout fait pour éviter le dépôt de bilan". Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg conteste cette version et donne sa propre version des faits en exclusivité pour L'Usine Nouvelle. Ses mots sont durs pour le dirigeant breton.

L'Usine Nouvelle - Dans l’affaire Doux, le dialogue a été rompu vendredi entre le ministère et la direction. A-t-il repris ?
Arnaud Montebourg - Charles doux a refusé de faire la moindre concession sur son sort personnel, qu’il a privilégié par rapport au projet de restructuration de Bercy. La banque Barclays acceptait - en contrepartie d’une certaine mise sur la touche de M. Doux - de remettre du cash, de faire fonctionner l’entreprise et de séparer l’activité avec d’un côté un plan de cession sur le frais et de l’autre une continuation sur l’activité d’exportation. Le tout avec des mesures qui protégeaient l'emploi et la chaîne de production des éleveurs. Il y avait donc un accord possible. J’ai pressé Monsieur Doux dans mes contacts téléphoniques, au nom du gouvernement, d’accepter l’accord puisque c’était un accord que nous avions élaboré avec ses propres avocats, et avec lequel l'un de ceux-là s'était déclaré d accord.

Charles Doux assure qu’il n’avait pas de garanties sur l’emploi…
Il y avait un accord sur l’ensemble de la poursuite de l’activité de l’entreprise, et sur le maintien de son volume d'activité et d'emploi. Et d’ailleurs quelle garantie a-t-il sur l’emploi quand il dépose le bilan contre notre volonté et qu’il place les créanciers en situation de perte et les salariés en situation d’inquiétude ? Quelles sont les garanties ? Aucune. D’ailleurs a-t-il de l’argent pour poursuivre l’exploitation ? A moins qu’il n’ait un trésor caché qu’il nous ait dissimulé... Il ne voulait pas que la banque Barclays s’empare de son entreprise. Mais qui a mal géré cette entreprise ? Ce n’est pas la banque ; c’est bien lui. Il est toujours préférable d’éviter le tribunal de commerce. C’est l’auteur d’un rapport parlementaire sur les tribunaux de commerce qui vous parle ! Quoiqu'il en soit, avec les services de Bercy et le ministre de l'agriculture, nous suivons en temps réel cette procédure de redressement judiciaire de manière à limiter le plus possible les dégâts économiques et sociaux.

Il jugeait ne plus avoir d’argent pour payer les factures..
Le principal créancier de son entreprise apportait 35 millions d'euros d'argent frais, excusez du peu, pour financer la restructuration de son entreprise et la remettre sur les rails. Nous ne voudrions pas avoir affaire à un dirigeant qui a mené son entreprise à de graves difficultés, mais qu’en plus, devant l’autorité de l’Etat, exercerait sa mauvaise foi.

Propos recueillis par Solène Davesne, Laurent Guez et Thibaut De Jaegher

Imprimer

La fiche DOUX à CHATEAULIN avec Industrie Explorer

lieu

TOUT SAVOIR SUR...
Ses investissements, ses actualités, ses dirigeants, sa production...

Voir la fiche

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin envoyer à un ami

6 réactions

patrick | 07/06/2012 - 15H49

Quel minable ce Montebourg, un type qui n'a rien foutu, (c'est un avocat) qui donne des leçons à un entrepreneur, ce ministre qui se comporte comme dans l'empire soviétique, et oui tout allait bien très bien, mais voilà l'état la bas à fait faillite ...

Signaler un abus |  CITER

The dudde | 07/06/2012 - 13H14

@ entrepreneur,

votre position est purement idéologique, pour ne pas dire caricaturale. Je suis entrepreneur et à l'instar d'un capitaine de bateau je considère qu'il est de mon devoir de quitter le navire en dernier en cas d'avarie et de sauver mes salariés en premier.

M.Doux a certes créé des emplois pendant de nombreuses années, mais ça ne l'autorise pas à les supprimer comme bon lui semble. En outre, ce monsieur a déjà beaucoup de chance que son dossier soit suivi de près par le gouvernemen et que ce dernier l'aide à trouver une issue équitable. De nombreuses pme n'ont pas cette chance et meurt dans l'indifférence générale, souvent avec le capitaine à bord et jusqu'au bout au côté de son personnel.

Signaler un abus |  CITER

rd | 07/06/2012 - 12H23

Encore 1 ou 2 réactions de ce genre, et M Montebourg va réussir à stopper toutes initiatives entrepreneuriales en France !

Signaler un abus |  CITER

ingénieur | 07/06/2012 - 12H01

L'article est choquant. Un industriel qui a mené sa barque si longtemps, créé tant de choses, et qui respecte pleinement la Loi, ne peut pas être sommairement qualifié de mauvais gestionnaire et de mauvaise foi.

Signaler un abus |  CITER

Etat | 07/06/2012 - 11H22

Depuis quand les entrepreneurs refusent une situation de conciliation au nom de l’intérêt général?. Cet intérêt général est au dessus des intérêts particuliers, même si l'on s'appelle Charles Doux. Cela rappelle le jeu de la droite entre 1936 et 1938 qui a tout fait pour tuer le Front Populaire. On devrait comme dans le Venezuela nationaliser d'office les entreprises des entrepreneurs qui font tout pour saboter la présidence Hollande.

Signaler un abus |  CITER

entrepreneur | 07/06/2012 - 08H12

Évidemment, un entrepreneur qui n'obéit pas à l'état est un scélérat ! Sans entrepreneurs, Montebourg serait heureux : il créerait des sociétés publiques qu'il pourrait faire diriger par des énarques. On devrait plutôt glorifier Doux pour tous les emplois (directs et indirects) qu'il a fournis depuis tant d'années.

Signaler un abus |  CITER

Effectuer une autre recherche

Rechercher

Identifiez-vous