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Le programme A 350 n'est pas qu'une affaire de grands groupes. Des PME innovantes ont séduit Airbus et ses équipementiers de rang 1 pour fournir un certain nombre de pièces du nouvel avion.
Si Airbus a fortement réduit le nombre de ses fournisseurs de référence, les sous-traitants aéronautiques de rangs 2, 3 et 4 restent des acteurs incontournables du programme A 350. Dans les starting-blocks, ils seront bientôt prêts à fournir, en pièces et en sous-ensembles, les Aérolia, Premium Aerotec, Spirit Aerosystems et autres équipementiers de rang 1 d'Airbus. Ainsi, dans sa nouvelle usine de Reyrieux dans l'Ain, la PME Duqueine vient de réceptionner des fours pour la polymérisation de pièces de structure en matériaux composites. À l'occasion de ce programme, cette PME rhônalpine, l'un des leaders mondiaux des roues de vélo en carbone (qu'elle produit en grande série, environ 60 000 par an), a décroché trois sous-ensembles critiques : cadres de fuselage, encadrements de hublots et panneaux acoustiques des entrées d'air des nacelles de réacteur. « Notre capacité à maîtriser et à industrialiser des applications innovantes en matériaux composites a été un atout majeur », explique Philippe Mangin, le directeur industriel du sous-traitant sur le programme A 350.
► Aviacomp
Conception et réalisation des trappes d'accès aux réservoirs de la voilure
► Creuzet Aéronautique
Éléments structuraux de la case de train principal de l'A 350 XWB
► Figeac Aero
Kit complet de pièces du mât réacteur, plancher de la section 12, ferrures pour la voilure
► Duqueine
Cadres de fuselage, encadrements de hublots et panneaux acoustiques des entrées d'air des nacelles
► Segula
Planchers pour le tronçon central fabriqué par Spirit
L'innovation toujours, a permis à Creuzet Aéronautique (66 millions d'euros de chiffre d'affaires) de tirer son épingle du jeu. Associée à EADS Sogerma, la société, qui emploie 700 personnes, a été retenue pour élaborer et produire des éléments de la case du train d'atterrissage principal. Grâce à sa maîtrise des métaux (aluminium, acier, titane) et de procédés de transformation maison (filage, formage à chaud, matriçage), ses bureaux d'études ont produit en une seule pièce un élément généralement articulé en deux parties.
UNE VITRINE PRÉCIEUSE POUR DE FUTURS CONTRATS
Segula Technologies a fait valoir d'autres arguments pour séduire l'américain Spirit. Responsable d'un morceau de tronçon, l'équipementier a retenu le français pour la fourniture de planchers. Les atouts de Segula ? Son expertise, puisqu'il livre depuis son usine de Méaulte une centaine de planchers par mois pour la famille des A 320 et des A 340. Et sa proximité géographique. « Nous produirons nos planchers dans notre unité voisine de la nouvelle usine de Spirit, près de Saint-Nazaire. Cela nous permet donc d'avoir des coûts logistiques très compétitifs, surtout pour ces pièces de très grandes dimensions », explique Alain Leroy, directeur général du département production de Segula.
Pour s'embarquer à bord de l'aéronef, certaines PME ont joué la carte du regroupement. Aviacomp, société créée par le sous-traitant Mecahers et l'ingénieriste Sogeclair, a été retenue pour la conception et la réalisation des trappes d'accès aux réservoirs de la voilure.Tous ces contrats vont donner lieu à des investissements industriels significatifs. Duqueine prévoit d'ouvrir une usine à Civrieux (Ain) de 8 000 m2 dès 2012 pour la production en grande série. Aviacomp (huit salariés) va investir environ 1,5 million d'euros dans des outillages et notamment dans une presse de thermocompression. Avec à la clé, des emplois... Figeac Aero, retenu notamment pour fournir un kit complet de pièces du mât réacteur, a prévu de recruter près de 80 personnes (ingénieurs d'études, préparateurs, opérateurs, monteurs...). Duqueine, près de 50 ingénieurs et 100 opérateurs...
Très engagées dans ce programme, les PME espèrent bénéficier de retombées à la mesure de leurs efforts. Figeac Aero table sur un chiffre d'affaires de 500 000 euros par avion. De son côté, Duqueine mise sur 250 millions d'euros de chiffre d'affaires sur l'ensemble du programme A 350. Au-delà des contrats, l'effet d'image sera également important. « C'est une vitrine précieuse pour remporter de futurs contrats auprès d'autres avionneurs », indique Alain Leroy de Segula.
Toutefois, la part de risque prise par ces acteurs n'est pas négligeable. Les sous-traitants sont désormais contraints de partager les risques du programme. Notamment, les coûts de développement sont totalement à leur charge. Ils ne seront remboursés, pour la plupart, qu'au moment des premières ventes de l'appareil. « Espérons qu'il n'y ait pas trop de retard sur le programme », prie l'un d'entre eux. En cas de dérapage, les trésoreries risquent de se tendre et de mettre en danger ces petites structures... Une mésaventure qu'a subie Latécoère, avec le programme A 380.
Hassan Meddah
Balises : UN MARCHÉ DE 635 MILLIARDS DE DOLLARS

Source : Airbus, Boeing, Gouvernement









