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Ces millions d'euros que coûte la suspension de l'écotaxe

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Le 29 octobre, le gouvernement a cédé aux lobbys des transporteurs, des agriculteurs, des patrons et des industriels en suspendant l'entrée en vigueur de l'écotaxe sur les poids lourds au niveau national. Les destinataires des futures recettes de cette taxe, l'Agence de financement des infrastructures de transport de France et la société Ecomouv' en tête, dénoncent aujourd'hui le manque à gagner.

Ces millions d'euros que coûte la suspension de l'écotaxe © D.R.

Sommaire du dossier

La grogne des anti-écotaxe poids lourds a un prix : 1,15 milliard d'euros. C'est le manque à gagner potentiel pour l'Etat français estimé par Les Echos suite à la décision du Premier ministre Jean-Marc Ayrault de suspendre l'entrée en vigueur de l'écotaxe sur les poids lourds le 29 octobre.

Quelque 750 millions d'euros par an devaient ainsi revenir à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF), l'organisme public en charge de la création et de la modernisation d'infrastructures ferroviaires, routières, fluviales et maritimes. "La suspension de l'écotaxe poids lourds va poser un problème de recettes", a averti Philippe Duron, le président de l'AFITF, dans un communiqué.

"Dans le contexte actuel, seul le maintien d'une subvention (publique) d'équilibre pourra lui permettre de faire face aux engagements de l'État", a-t-il suggéré. Il évoque la construction actuelle de quatre lignes à grande vitesse et le plan d'investissements pour les infrastructures de transport annoncé en juillet dernier par le Premier ministre, rapporte l'AFP.

"Il importe donc de remettre sur le métier les modalités de mise en oeuvre de l'écotaxe pour que nous puissions retrouver au plus vite les moyens de financer les infrastructures en Bretagne et sur l'ensemble de notre territoire", a-t-il prévenu.

Près d'1 milliard d'euros déjà investis par l'italien Ecomouv'

La suspension de l'écotaxe poids lourds entraîne donc indéniablement un défaut de recettes pour l'Etat, mais, pire encore, elle va peut-être l'obliger à rembourser la société privée italienne Ecomouv', en charge du déploiement du dispositif de la taxe dans l'Hexagone.

L'entreprise détenue à 70 % par Autostrade per l'Italia (mais aussi par Thales, SNCF, SFR et Steria) est en mesure de réclamer des comptes à l'Etat français à l'égard des 800 millions à 1 milliard d'euros qu'elle a déjà investis dans le système, détaille l'AFP.

Les conséquences pourraient également être sociales, Ecomouv' ayant embauché près de 200 personnes dans son centre d'appel de Metz mis en place pour répondre aux questions des transporteurs.

Alerté sur la question du manque à gagner, le député socialiste Christian Eckert, rapporteur au budget à l'Assemblée, a assuré que des mesures d'économies permetttraient de ne pas ressentir les effets de la suspension de la taxe dans le budget 2014.

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