"Certains industriels du nucléaire ont arrêté leurs exportations vers le Japon"
Par Mirel Scherer - Publié le
L'accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, dans le nord-est du Japon, pose avant tout un risque majeur de sécurité sanitaire. Mais sur le plan industriel, c'est tout un pan du secteur qui se trouve à l'arrêt. Jusque chez les fournisseurs français. Explications de Bertrand Gauvain, délégué général du pôle de compétitivité Pôle Nucléaire Bourgogne.
La situation au Japon a-t-elle des répercussions sur l'activité des adhérents de votre pôle ?
Certains industriels comme SDMS et CLM Industries, qui fournissaient l'industrie nucléaire japonaise, ont arrêté leurs exportations vers le pays du Soleil Levant. D'autres sont prévenus de possibles décalages dans leurs commandes. Il est difficile de prévoir l'évolution des évenements, mais cette période d'incertitudes pèsera sur l'activité. Au moins à court terme.
Comment voyez-vous l'avenir de l'industrie nucléaire ?
Une fois l'émotion passée, chaque pays aura sa propre réflexion sur cette question. Certains, comme la France, le Royaume-Uni, la Chine et l'Afrique du Sud continueront de privilégier un mix énergétique dans lequel le nucléaire aura sa part. En revanche, d'autres pays, plus exposés aux catastrophes naturelles, comme l'Italie, pourraient repenser leurs projets. Car, n'en déplaise aux adversaires du nucléaire, cette source énergétique est la moins émettrice de CO2 et la moins chère.
Quels sont les priorités de votre pôle ?
Notre spécialité est hors normes. La durée de vie d'une centrale nucléaire entre sa conception, sa fabrication, son exploitation et sa déconstruction peut atteindre une centaine d'années. C'est aussi une activité fortement capitalistique qui nécessite des investissements importants et à long terme.
Nous développons nos activités en visant plusieurs objectifs. Premièrement, la réalisation de solutions durables. Plus vite, moins cher, plus propre : c'est notre devise. Cela nécessite la mise en place de moyens de contrôle non destructif moins polluants pour les pièces de dimension importante, souvent utilisées dans la construction des centrales.
Enfin, nous n'oublions pas l'amélioration des techniques de maintenance ni la mise au point des solutions de déconstruction en milieu hostile. Ce qui imposera un effort d'innovation permanent pour mieux simuler et robotiser les interventions.
1 réaction
madwax | 20/04/2011 - 22H45
"cette source énergétique est la moins émettrice de CO2 et la moins chère"…
Et c'est reparti. Si le responsable d'un pôle de compétitivité du secteur nucléaire n'a pas plus d'arguments qu'un peu de mauvaise foi et de méthode coué, on comprend leur désarroi.
Je vous ferai grâce de longue liste d'énergies non productrices de CO2 que tout lecteur un peu honnête aura aussi eu a l'esprit. Quand au coût, lorsqu'on inclut le démantèlement final des centrales, voire les décontaminations si l'on s'obstine à les faire marcher jusqu'à ce qu'elles défaillent, vous savez parfaitement qu'il n'est pas si concurrentiel.
A cela s'ajouterait pour faire bonne mesure les coûts externalisés en misère humaine, des mineurs d'uranium aux évacués en tous genre. Hors normes, ça vous l'êtes !

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