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« Certaines entreprises produisent des leurres » (C. Harbulot)

Par Christophe Bys - Publié le
Christian Harbulot
© © DR

En pleine affaire Renault, L’Usine Nouvelle revient avec Christian Harbulot sur l’espionnage industriel et ses conséquences sur les entreprises. Le directeur de l’école de guerre économique livre notamment des pistes pour se protéger et se défendre.

L’affaire Renault vous surprend-elle ?

Non, cela fait longtemps que l’on voit les enchères monter dans la compétition économique. Depuis 20 ans, les affrontements économiques augmentent. 

Il n’est donc pas étonnant qu’une telle affaire éclate publiquement, cela devait arriver. Il ne faut pas croire que nous vivons dans un monde homogène avec un marché mondial unique. Si les produits sont standardisés, nous vivons dans un monde composé de systèmes économiques diversifiés.

En schématisant, il existe trois types de pays, ceux qui veulent augmenter leur puissance, ceux qui, comme la France, veulent la maintenir, et ceux qui subissent.

Quelles précautions faut-il prendre pour se protéger ?


Ne rien faire c’est augmenter l’appétit des prédateurs. Les entreprises qui montrent qu’elles ne se laisseront pas faire sont beaucoup moins attaquées que les autres. Il est donc nécessaire d’avoir défini une culture de la protection et avoir anticipé les risques.

Les moyens doivent être ensuite adaptés. Certaines entreprises produisent des leurres, en construisant par exemple une fausse usine ou en constituant une fausse équipe projet. Les entreprises doivent aussi définir les informations stratégiques et la durée pendant laquelle ces données le sont. Très souvent, dans les missions de conseil que je réalise, je constate que cela est très flou.

L’espionnage industriel est-il le principal risque ?

Il est important mais ce n’est qu’une petite facette. Aujourd’hui, pour déstabiliser un concurrent, on peut salir l’image d’un produit, dénigrer un dirigeant ou même déstabiliser une assemblée générale avant un vote essentiel.

C’est pour cela qu’il faut avoir anticiper les risques, c’est-à-dire mesurer l’agressivité des opposants de l’entreprise. Ceci dit, ne nous trompons pas. Les entreprises les plus dynamiques économiquement ne sont pas celles qui sont les mieux protégées, mais celles qui veulent conquérir des marchés.
 

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