Centre : La résilience des plus petits

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3294

  PME et entreprises de taille intermédiaire réalisent les plus gros investissements dans la région.

Se pincer pour le croire. Fermée depuis 2009, l'usine de composants électroniques Flextronics, ex-Nortel, à Chateaudun (Eure-et-Loir), est rachetée par la société Conception, études et réalisations mécaniques (Cérem), une tôlerie fine de Chartres. Ou comment une PMI de 130 salariés, versée dans l'aménagement urbain (bornes Autolib', feux routiers) et la mécanique de précision pour l'aéronautique, efface le traumatisme d'une délocalisation, suivie par son cortège de 900 licenciements. Certes, Cérem ne prévoit « que » 170 embauches d'ici à 2015, mais en cette période de disette, l'annonce réconforte.

À l'instar du fondateur de Cérem, Jean-Marie Rudent, devenu PDG après une vie de consultant, d'autres capitaines d'industrie poursuivent leur marche en avant. Emmanuel Vasseneix, à la tête de la Laiterie Saint-Denis de l'Hôtel (LSDH) dans le Loiret, a transformé une laiterie en champion du jus de fruit. LSDH investit 40 millions d'euros dans ses deux usines du Centre. Bertrand Hallé dote Socofer d'un nouvel outil de fabrication d'engins ferroviaires spéciaux à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire). Philippe Planeix, PDG du spécialiste des peintures à l'eau Eurocoatings, bâtit une nouvelle unité à Mer (Loir-et-Cher).

Plusieurs groupes internationaux confortent en outre leurs implantations dans le Centre. L'italien Ali débloque 14 millions d'euros pour une nouvelle usine de fours professionnels Rosinox à Bourges (Cher). L'américain MacKey, fournisseur des steaks de McDonalds, double de taille à Fleury-les-Aubrais (Loiret). LVMH métamorphose son usine Guerlain de Chartres (Eure-et-Loir) dédiée au maquillage pour une trentaine de millions d'euros. Procter et Gamble produira davantage de shampoings à Blois (Loir-et-Cher). Performance d'autant plus notable que la multinationale contracte ses coûts partout ailleurs.

Le sursaut de Mecachrome

Le cas le plus emblématique reste celui de Mecachrome, mécanicien de précision au bord de la faillite fin 2008. Le retournement opéré par les équipes de Julio de Sousa est spectaculaire. « Grâce au refinancement du FSI, d'Aerofund et du Fonds des travailleurs du Québec, nos clients nous ont redonné leur confiance et nous retrouvons des parts de marché », explique le PDG. Présente sur les grands programmes aéronautiques (Boeing 777, Airbus A380, A400, A350, A320), l'entreprise d'Amboise (Indre-et-Loire) vient de fêter ses 75 ans dans une forme resplendissante. Elle a programmé des investissements sur de nouvelles motorisations essence, dont bénéficieront ses sites de Sablé (Sarthe) et d'Aubigny-sur-Nère (Cher). Et elle ouvre un bureau d'études préindustrielles à Massy (Essonne). Après l'intégration du toulousain Mecahers en début d'année, la barre des 2 000 salariés et des 300 millions d'euros de chiffre d'affaires devrait être franchie à la fin de l'exercice.

Un labo public implanté dans une entreprise privée

Hébergé par le franco-iltalien STMicroelectronics à Tours (Indre-et-Loire), le Centre d'études et de recherche technologique en microélectronique (Certem) est le premier laboratoire public implanté dans une entreprise privée. Tout commence en 1996, quand une centaine d'étudiants et chercheurs planchent sur les composants électroniques du futur dans des salles blanches. Le Certem est la clé de voûte du projet Tours 2015 que l'État a classé dans le programme des investissements d'avenir. Quelque 164 millions d'euros financeront les projets sur la période 2012-2016, dont un nouveau bâtiment de recherche de 34 millions d'euros, qui sort de terre au coeur de l'usine tourangelle

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