Centrale prône la fierté d’innover
Par Aurélie Barbaux - Publié le
En termes d’innovation, la France est au milieu du gué. Pour l’aider à traverser, le Think Tank Innovation de l’Ecole Centrale publie le 1er décembre "Huit priorités pour dynamiser l’innovation en France". Des évidences, peut-être, mais bonnes à marteler.
Consciente que la France n’est pas au top en matière d’innovation, surtout comparée à ses grands partenaires internationaux, l’association des centraliens a lancé une grande enquête auprès de ses membres pour remonter des propositions. "Nous avons obtenu 1100 réponses approfondies. Elles nous ont permis de définir huit priorités, que nous allons adresser à 300 personnalités, politiques, de la Recherche mais aussi du monde de l’entreprise", explique Olivier Ferrary, manageur chez Solvay et animateur du Think tank centralien innovation.
Certes, huit priorités, c’est peut-être six ou sept de trop. "Mais dans les propositions des répondants, il n’y en avait aucune de faible, argumente Olivier Ferrary. Surtout, chacune d’elles cible un type d’intervenant différent. Les banquiers par exemple seront concernés par la n°6 : Mieux financer l’innovation à l’amorçage, et le patron d’entreprise par la n°4 : Promouvoir l’innovation au sein des entreprises."
Un peu générique, voire presque bateau, les huit priorités reprennent en fait nombre d’initiatives déjà lancées par la réforme du système de recherche et d’innovation en France depuis 2005 (n°3 : revaloriser et dynamiser la recherche, n°5 : renfoncer les liens université, recherche et entreprises). "En fait, le constat général nous amène à une appréciation positive du travail effectué depuis 5 à 10 ans. Il y a une base solide. Les mesures sont jugées bonnes, mais on est encore loin du compte. Il y a surtout besoin d ‘une mobilisation générale, de tous les acteurs."
Fierté de l'innovation
Pour autant, en cherchant bien, il y aurait bien une priorité plus importante que toutes les autres. La n°1 : créer une culture et une fierté de l’innovation. Facile à dire, difficile à faire. "On pourrait par exemple inciter les élèves ingénieurs à faire davantage leur stage dans des PME, plutôt que dans des grands groupes !".
Un autre grand sujet s’est détaché des échanges du think tank, qui se retrouve dans la priorité n°8 : Innover au service d’une vision. "Alors que les autres grands pays d’innovation comme l’Allemagne, la Corée, le Japon ou la Chine, sont capables de fédérer des actions sur un objectif industriel clair (les écrans plat, le photovoltaïque…), la France, qui avait développé des pôles d’excellence dans le passé, ne sait plus le faire. En cause, un trop grand individualisme," avance Olivier Ferrary.
Mais pour lui, et Centrale, ce n’est pas forcément à l’Etat de définir la ou les priorités industrielles, mais aux patrons du CAC 40, de définir entre eux les projets fédérateurs bons pour l’industrie du pays. Or l’innovation n’est clairement pas leur priorité. "A ma grande surprise, notre enquête a révélé une faiblesse en matière de stratégie d’innovation dans les grandes entreprises françaises", reconnait le porte-parole. Alors leur demander de se fédérer entre eux pour faire quelque chose qu’ils ne font déjà pas très bien chez eux ! Encore une question de culture. Mais à force de marteler les mêmes pistes pour changer la donne, peut-être finiront-ils par entendre.

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