Centrale nucléaire de Penly : un arrêt décennal sous haute surveillance
Par Patrick Bottois (Normandie) - Publié leSous la férule de son nouveau directeur, Alban Verbecke, le Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) de Penly, en Seine-Maritime, vient d’engager un chantier de 35 millions d’euros.
Objet : un arrêt décennal de la tranche de production numéro 1 qui devra valider sa continuité d’exploitation pendant dix nouvelles années, mais avec un cahier des charges revu à la hausse par l’ASN (Agence de Sûreté nucléaire), depuis l’accident survenu au Japon.
« Il s’agit d’un chantier avec trois épreuves majeures, précise un porte-parole du site. D’abord, le contrôle de la cuve du réacteur. Ensuite, la vérification de l’étanchéité du circuit primaire, puis de celle du bâtiment du réacteur, qui est sous une pression de 70 000 mètres cubes. A cela s’ajoutent de nouvelles prescriptions de l’ASN comme le déplacement d’équipements en fonction de menaces sismiques, d’inondations potentielles, etc. Au total, ce sont 18 000 activités qui seront réalisées sur le chantier avec quelque 2 500 intervenants présents au plus fort du chantier ».
L’enjeu est d’autant plus important que le site de Penly est toujours prévu pour accueillir un EPR, même si aujourd’hui le projet est au point-mort jusqu’aux prochaines élections présidentielles. « Mais pas éliminé ! », précisait récemment encore le préfet de Seine-Maritime.
Un nouveau patron sur le site
Quant à Alban Verbecke, il a pris ses fonctions d’autant plus discrètement le mois dernier qu’il était déjà le directeur délégué du CNPE de Penly depuis septembre 2009. Il a simplement succédé à son directeur, Jean-Jacques Letalon, parti au CNPE de Paluel dans le même département. Mais pas par hasard. A 47 ans, ce diplômé en génie mécanique de l’université de Grenoble (Isère) connaît bien le site et les grands arrêts.
S’il a en effet débuté en 1991 au CNPE de Paluel, comme ingénieur sûreté radioprotection, puis en tant que chef d’exploitation au service conduite et chef du service technique avant de rejoindre en 2000, le CNPE de Saint-Alban (Isère) pour prendre les fonctions de chef du service conduite, il a ensuite travaillé dans des domaines liés à la sécurité et aux arrêts de tranche. En commençant en 2004, à la direction du parc nucléaire d’EDF à Paris pour animer le projet « harmoniser les pratiques et les méthodes » et le déploiement des pratiques performantes, notamment en matière de sécurité, sur les 19 centrales nucléaires d’EDF. Avant de se rendre en 2006 à la centrale nucléaire de Dampierre (Loiret) pour y occuper les fonctions de directeur délégué «arrêt de tranche » jusqu’en 2009. Mise en service en 1991, le CNPE de Penly dispose de deux unités de production d'une puissance unitaire de 1 300 MW.
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