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L'Usine de l'Energie

Centrale Noor I : le Maroc affirme réussir à réduire le prix du KWh solaire à concentration

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Publié le

Alors que Noor I, la première centrale solaire CSP de grande taille du Maroc, sera bientôt opérationnelle, Masen, l’Agence marocaine de l’énergie solaire révèle que le prix du kwh solaire sera moins élevé que prévu de même que les subventions publiques à ces projets. Les experts marocains évoquent même un coût de production inférieur à 15 centimes d'euros par kwh.

Centrale Noor I : le Maroc affirme réussir à réduire le prix du KWh solaire à concentration
Le prix du KWh solaire sera moins élevé que prévu de même que les subventions publiques à l’énergie solaire (ici travaux Noor 1 à Ouarzazate).
© Safi Naciri EU

"La question du "gap de prix" est un problématique interne à Masen et à ce sujet nous avons eu de bonnes surprises sur Noor I", a affirmé Obaid Amrane, membre du directoire de l’Agence marocaine pour l’Energie solaire (Masen) lors du Morocco Solar Festival, le 17 octobre, à Ouarzazate.

Le coût de production de l’énergie solaire étant supérieur à celui des énergies conventionnelles, Masen doit en effet rendre en charge ledit  gap entre le prix auquel il achète l’électricité à Acwa Power, son développeur, pour la centrale Noor I de 160 MW et le prix auquel la lui achète l’Office national de l’électricité (ONE). En d’autres termes, l’état subventionne l’énergie solaire. Un sujet crucial car Noor I est une centrale solaire thermodynamique à concentration (ou CSP pour concentrating Solar Power Plant). Une technologie jeune pour laquelle au plan mondial, les retours d'exprience restent limités.

"Le poids du gap annuel est estimé à 685 millions de dirhams [1 000 dirhams = 92 euros)" pour Noor I, avait calculé l’Agence française de développement (AFD) en 2010, alors qu’elle évaluait les conditions de son prêt de 100 millions d'euros pour le financement de Noor I.

Joint par L'Usine Nouvelle, Badr Ikken (photo), directeur général de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN) basé à Rabat se veut optimiste. "La centrale Noor est probablement la centrale CSP la moins chère du monde, a-t-il lancé

Selon lui, "de 2 dirhams par KWh prévu le coût de production est descendu à 1,61 dirham le KWh [14,8 centimes d'euros ndr] , et même à 1,50 dirham, le soir. Cependant, il est acheté à 1,20 dirham par l’ONE au même moment. Il reste donc toujours un gap de 0,3 à 0,4 dirham / kwh devant être pris en charge par l’Etat. »

Subvention aux carburants

Cette subvention se justifierait dans la mesure où l’Etat marocain a longtemps lourdement subventionné les énergies fossiles à travers la Caisse de compensation destinée à désolidariser les prix nationaux des variations et sommets atteints par les prix du pétrole. La baisse des cours du pétrole a permis au gouvernement d’Abdelillah Benkirane d’amorcer un processus de "décompensation" des carburants en 2013.badr ikken iresen

Dans le cas de Noor I, la subvention publique se justifierait également parce que la centrale "a pour fonction de prendre le relais de générateurs diesel employés lors des pics de consommation énergétique. Le KWh de ces générateurs coûtait [lors du lancement de la construction de Noor I] 1,80 dirham à produire, contre 1,61 dirham pour Noor I" estimait même Badr Ikken en mars 2015.

Selon lui, "pour les centrales Noor II à IV, le coût sera encore plus faible. Je pense que même si le prix du KWh sur base du générateur diesel baissait, le solaire restera compétitif",

CSP ou photovoltaïque

Pour le directeur général de l’IRESEN, ce gap plaide pour un développement plus rapide du photovoltaïque dans le Plan solaire marocain. "Il y a une très grande différence de prix entre le photovoltaïque conventionnel et le CSP. D’un projet à l’autre, en CSP, on parvient effectivement à faire baisser le prix du KWh  de 1,60 dirham à 1,50 dirham voire1,45 dirham d’un projet sur l’autre, mais le photovoltaïque reste largement inférieur avec 80 centimes de dirham le KWh », explique-t-il.

"Le CSP n’est pas plus cher que le photovoltaïque, assure pourtant Obaid Amrane, quand on prend tout en considération, à savoir également la connexion au réseau du électrique." Le CSP présente surtout l’intérêt de permettre le stockage de l’énergie (sous forme de chaleur) pendant plusieurs heures. Elle pourra être stockée 3 heures pour Noor I, et même 7 à 8 heures sur les projets, en début de développement, Noor II et III, quand, au contraire, le photovoltaïque ne permet aucun stockage.

"Cependant, au Maroc il y a des changements dans la courbe de consommation électrique des ménages. La consommation augmente en été, en journée, notamment avec le développement de la climatisation. A cette demande-là, le photovoltaïque est tout à fait capable de répondre", précise Badr Ikken.

Plus d’exportation vers l’Europe

La réduction du prix du KWh solaire pour Noor I est quoi qu’il en soit une excellente nouvelle pour le Maroc puisque la possibilité d’exporter l’électricité d’origine solaire a presque totalement disparue en l’espace de deux ans, suite notamment à l'abandon du projet Desertec

"Nous espérons pouvoir exporter l’électricité vers l’Union européenne pour réduire le gap du KWh solaire", répétait encore Zohra Ettaik, directrice de la division Energies renouvelables au ministère de l’Energie en octobre 2013, lors de la conférence du groupement industriel allemand Dii, à Skhirat. En octobre 2014, Dii abandonnait ses opérations de lobbying pro-exportation, suivi un an plus tard par son équivalent français Medgrid.

"Nous avons démontré que d'ici 2030, il n'était pas concevable d'envisager des flux d'électricité du Sud vers le Nord. Ces pays n'arrivent pas à suivre en terme d'investissement, même si l'électricité y est moins chère qu'ailleurs", a indiqué le directeur général de Medgrid, société de lobbying regroupant les grandes entreprises françaises du secteur de l’énergie, à Econostrum.info.

De toute façon au Maroc, la demande électrique connait une croissance autour de 5% par an, ce qui nécessite l'ajout régulier de nouveaux moyens de production, solaire, éolien mais aussi charbon.

Julie Chaudier à Ouarzazate

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