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L'usine Agro

Ce qui change au 1er janvier? La recette de la bière!

Franck Stassi , ,

Publié le

La nouvelle version du décret sur les produits brassicoles, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2017, intègre des pratiques constatées sur le terrain en matière d’emploi d’herbes aromatiques, d’épices ou de miel, dans un univers en pleine effervescence.

Ce qui change au 1er janvier? La recette de la bière! © Flickr/cc CK Golf Solutions

Le 1er janvier prochain, la recette officielle de la bière – un moût préparé avec au moins 50% de malt de céréales, d'eau et de houblon – évoluera. "Des herbes aromatiques ou des épices naturelles peuvent être ajoutées à la bière, si l'adjonction de ces ingrédients ne confère pas au produit final de manière perceptible les caractéristiques aromatiques typiques de ces ingrédients. Les ingrédients ajoutés sont mentionnés dans l'étiquetage du produit", dispose le nouveau texte, paru au Journal officiel le 17 novembre et qui actualise un décret datant de 1992. Des extraits végétaux, des concentrés de fruits et de légumes ainsi que des extraits de fleurs aux propriétés colorantes pourront aussi être ajoutés à la célèbre boisson.

"Il y a eu un souhait de l’administration de régulariser un certain nombre de bières, en complétant le texte de 1992. Beaucoup de brasseurs souhaitaient ajouter des ingrédients, notamment des plantes, issus de leur région, mais il fallait que leur production puisse s’appeler 'bière', plutôt que 'boisson fermentée'. En 1992, il n’y avait qu’une trentaine de brasseries, contre près de 1000 aujourd’hui, donc avec moins d’ancrages régionaux", explique le délégué général de l’association des Brasseurs de France, Pascal Chèvremont.

L’objectif est de régulariser des pratiques constatées dans la profession. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’est étonnée, dès 2012, de constater que des bières ne correspondaient pas forcément à la définition officielle. Or, "ces produits étaient tout à fait consommables et ont rencontré leur public. On ne voulait pas, toutefois, aboutir à une définition trop large, donc les ajouts sont restreints à certains ingrédients végétaux et aux épices", précise Pascal Chèvremont. Parmi les faits notables, l’usage du miel dans la bière sera officiellement autorisé. Les définitions de la "bière de garde", qui oblige la bière à subir une période de garde d’au moins 21 jours après sa fermentation primaire, et de la bière "pur malt", obtenue par fermentation alcoolique d'un moût préparé uniquement à base de malt de céréales, intègrent également le décret.

Une marque collective en gestation

Ces nouveautés accompagnent la créativité grandissante de la brasserie française, laquelle doit aujourd’hui, selon le délégué général de Brasseurs de France, mieux faire valoir ses atouts. L’association planche à cet effet sur une marque collective, dont l’objectif de lancement est fixé en 2017. "Un certain nombre d’acteurs commercialisent de la bière en trompant le consommateur – par exemple, en mentionnant des lieux où n’est pas produite la bière. La brasserie est un métier qui nécessite des investissements. Il faut valoriser la bière produite en France, par des brasseurs qui se sont formés et qui appliquent des standards de qualité plus avancés que les normes de base. La brasserie n’est pas une profession réglementée, mais il faut maîtriser un certain nombre de recettes", estime Pascal Chèvremont.


La représentation des nouveaux brasseurs en question

Bien que représentant 95% de la production française, la position de l’association des Brasseurs de France a été chahutée, il y a six mois, avec la création d’un Syndicat national des brasseurs indépendants, qui revendique aujourd’hui 180 adhérents. L’objectif de cette nouvelle organisation est notamment de se distinguer des géants du secteur. Cette situation n’inquiète pas Pascal Chèvremont. "Nous sommes présents depuis 1880. Il y a environ 1000 brasseries sur le territoire, dont une centaine chez nous – l’autre syndicat en revendique 180, mais cela en fait 700 qui ne se positionnent pas ! Ces brasseries ne trouvent pas forcément d’intérêt à rejoindre une organisation lorsqu’elles se lancent. Sur les 1000 brasseries françaises, 700 réalisent moins de 50 000 euros de chiffre d’affaires par an et les cotisations ont un coût. Les nouvelles brasseries souhaitent avant tout échanger avec leurs pairs, dans leur région, sous forme de réseaux informels. Bien sûr, si nous avons plus d’adhérents, nous serons encore plus représentatifs. Mais nous représentons déjà 95% de la production française", indique-t-il.

 

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