Ce qu'il est possible de faire, concrètement, pour soutenir l'emploi industriel

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Hugues de Beaupuy, directeur du Parc industriel de la Plaine de l’Ain
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  Dans un coin de France, au moins, l’industrie continue à se développer. Qu’y voit-on à la faveur du microscope qui pourrait donner des idées au "macroscope" ? Hugues de Beaupuy, directeur du Parc industriel de la Plaine de l’Ain, analyse les clés du succès de son site, qui voit l’industrie prospérer alors que la France pleure ses usines.

Quelques chiffres en perspective

Pour la deuxième année consécutive, le Parc Industriel de la Plaine de l’Ain (PIPA) voit l’emploi en CDI dans l’industrie progresser de 3,5%. Un peu plus de 7% en 2 ans. Le niveau antérieur à la crise de 2008 est plus que retrouvé.

Certes, le PIPA, c’est un confetti sur la carte industrielle de France. Il faut une loupe depuis Bercy pour le repérer. Mais ce confetti prospère... et avec une poignée de confetti, on peut faire la fête !

Ces résultats sont le fait de 45 entreprises. Depuis 1977, première implantation industrielle, aucune fermeture d’usine n’est à déplorer. Comment expliquer ce succès ?

Il n’est de richesse que d’hommes

Ces résultats positifs sont d’abord ceux des dirigeants d’entreprise qui prennent les décisions d’embauche. Sur le PIPA, un club existe. Il contribue à créer des relations de voisinage, à diminuer l’impression de solitude du dirigeant. Qui dit solitude, dit inquiétude et qui dit inquiétude dit pas d’embauche !

Ces bons résultats sont aussi ceux des salariés. Ce club d’entreprises contribue par ses actions à faire de ce Parc Industriel un endroit où il fait bon venir travailler. Ce n’est pas Disneyland mais ce n’est pas la mine. C’est un endroit où, pour beaucoup, l’on sait qu’une mission d’intérim sera suivie d’une embauche ou, a minima ou par choix, d’une autre mission d’intérim. Le développement économique contribue à la fluidité du marché du travail. En conséquence, les relations sociales ne sont pas des conflits sociaux.

Les élus consulaires se mobilisent pour ajuster les formations délivrées localement aux offres d’emploi existantes. Une évidence ? Un long chemin, plutôt...

La structure qui gère le PIPA travaille au vivre ensemble. Convaincue que l’industrie devait respecter la planète, elle a obtenu la première en 2001 la certification ISO 14001 et la certification EMAS. Convaincue qu’elle devait aussi respecter les un(e)s et les autres, elle est devenue en 2012, le premier gestionnaire de parc industriel labellisé LUCIE (label de référence sur l’ISO 26000 et la RSE). En guise d’exemple, sur le PIPA, est présenté annuellement le rapport de suivi de la nappe phréatique.

Se retrouvent dans la même salle, la DREAL, les industriels, l’association des riverains, les élus locaux, les gestionnaires des eaux de la Vallée de l’Ain pour écouter l’état de santé des eaux souterraines, en toute transparence ! On accepte les risques industriels parce qu’on les partage. On les minore parce qu’on les connaît. C’est ainsi que l’on crée une communauté confiante voire bienveillante.

Aménager durablement

Sur le PIPA, on soigne l’architecture, l’intégration paysagère, les espaces verts. Les industriels sont fiers d’y accueillir les clients, leurs directeurs immobiliers sont sûrs de leur actif, leurs DRH arrivent à recruter durablement, leur directeurs d’usine captent les nouveaux investissements du groupe lors de ses arbitrages entre deux sites.

La commercialisation du Parc s’est voulue pérenne : diversité des activités et rythme de croissance adapté au territoire.

Alerte rouge : l’administration revient

Le principe de précaution n’est pas le principe du risque zéro ! Je peux être précautionneux au volant sans aller à pied. Un industriel peut être attentif aux risques sans devoir aller investir à l’étranger. Aujourd’hui, la mise en place des Plans de Prévention des Risques Technologiques est toujours un frein au développement de l’investissement sur les plateformes industrielles.  L’administration d’Etat et le législateur doivent faire en sorte que le tableau reste rose.

Ainsi, si tous les acteurs locaux continuent à se donner la main, nous avons bon espoir de voir l’industrie prospérer sur notre confetti, et tous les autres...

Hugues de Beaupuy, directeur du Parc industriel de la Plaine de l’Ain

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