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Catherine Rambaud, la nouvelle fibre d'Olympia

Le 23 avril 2009 par Adrien Cahuzac | L'Usine Nouvelle n° 3144
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Trois ans après avoir pris les commandes du fabricant de chaussettes au bord de la faillite, l'ancienne avocate de la société veut aujourd'hui réindustrialiser l'usine de Romilly-sur-Seine.

« La casse sociale n'est pas la solution pour avancer. Cela n'apporte pas de croissance à une entreprise », insiste Catherine Rambaud. Depuis trois ans, la PDG d'Olympia se bat pour le prouver. « Je veux montrer, à mon petit niveau, que c'est possible », affirme-t-elle. Son credo : « Créer de la valeur », pour réindustrialiser l'usine française de la marque, à Romilly-sur-Seine (Aube), et maintenir les 285 salariés... Voire créer des postes.

Lorsque Catherine Rambaud prête serment au barreau de Paris en 1974, elle est alors loin d'imaginer qu'elle abandonnera son métier, 32 ans plus tard, pour prendre la tête de la première marque nationale de chaussettes.

En 1987, la famille Jacquemard, fondatrice d'Olympia, choisit le petit cabinet d'avocats créé par maître Rambaud pour défendre sa société. Le groupe est alors à son apogée : 1 200 salariés et 38 millions de paires de chaussettes fabriquées chaque année. Dix ans plus tard, Olympia est frappé de plein fouet par la concurrence des pays à bas coûts. Trois plans sociaux successifs entre 2000 et 2005 suppriment plus de la moitié de l'effectif. La majeure partie de la production est délocalisée en Roumanie, dans une usine rachetée en 2002. « Olympia était au bord du gouffre », rappelle Catherine Rambaud. La famille Jacquemard lui propose alors de prendre les rênes de la société. Sa mission est de sauver l'entreprise et les emplois restants. A 55 ans, elle relève le défi et change de vie : elle démissionne du barreau en mars 2006, prend 20 % du capital de la société et s'installe trois jours par semaine dans un gîte rural de Romilly. « Personne n'a compris ma décision. Tout le monde me disait que mon projet était fou et que la chaussette, en France, était finie. J'avais dans l'idée que l'on pouvait démarrer un nouveau projet », déclare cette femme naturellement optimiste. « Il fallait se différencier de la traditionnelle chaussette noire par des collections plus originales et haut de gamme », poursuit-elle.

En moins d'un an, elle recrute un directeur de création, change de logo, supprime plusieurs licences jugées « coûteuses », diminue les volumes fabriqués pour les marques distributeurs et relance l'exportation. Près de 1,6 million d'euros est investi en trois ans en R et D, d'où vont sortir notamment l'accessoire T-Tong et une gamme de « lingerie pour les pieds », appelée Show Socks.

La société n'est pas tirée d'affaire. Olympia accuse une perte de près de 2 millions d'euros en 2008, pour 31 millions d'euros de chiffre d'affaires et 24 millions de paires vendues. « La crise a freiné notre progression », reconnaît Catherine Rambaud. Ses espoirs reposent sur la Podochaussette, censée protéger le pied dans des chaussures de sécurité et éviter les escarres aux personnes âgées et aux diabétiques. Elle doit permettre la réindustrialisation du site de Romilly-sur-Seine d'ici à la fin de l'année. « Nous avons des contacts sérieux pour la commercialiser, mais il nous manque les fonds », insiste-t-elle. « Je me suis donné cinq ans pour réussir mon projet. » Et si la stratégie échoue ? « Je n'y pense même pas. Et si c'était à refaire, je recommencerais sans hésiter », assure-t-elle, alors qu'elle n'a toujours pas quitté son gîte.

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