La vie n'a jamais vraiment été dure pour les ingénieurs français, mais ils ont aussi senti passer le boulet de 2008-2009. L'enquête annuelle d'Ingénieurs et scientifiques de France (IESF) montre que les mauvais vents sont presque retombés. En 2011, les indicateurs liés à l'emploi sont repassés au vert : le chômage des ingénieurs, à 3,5%, baisse d'un point par rapport à l'année précédente ; les jeunes à la recherche d'un emploi six mois après leur diplôme ne sont plus que 18% (22% en 2010). Le profil des 749 700 ingénieurs français évolue doucement. Radioscopie des principaux traits de caractère du cru 2012.
Recruté surtout dans les services et l'aéronautique

Signe d'une vitalité enfin retrouvée du marché du travail, les recrutements d'ingénieurs ont augmenté de 25% entre 2010 et 2011. « Après être restés au chaud en 2010, suite à la tempête de 2008-2009, les ingénieurs ont repris goût à la mobilité », commente Gérard Duwat, le délégué général d'IESF.
Les sociétés de services (informatiques ou d'information) ont effectué 29% des embauches en 2011, loin devant les transports et l'aérospatial (11%). Mais c'est ce dernier secteur qui est le plus dynamique, avec un nombre de recrutements qui a plus que doublé entre 2009 et 2011, passant de 3 230 à 7 300. Une croissance qui s'explique par l'essor de l'aéronautique.
Quant aux jeunes diplômés, ils retrouvent le chemin de l'industrie : 46% des premiers contrats ont été signés dans l'industrie (42% en 2010, 41% en 2009). Ils sont moins nombreux à se ruer sur la finance ou le conseil : 1,2% 2011 (2,9% en 2010 et 4,2% en 2009).
Enfin augmenté, surtout s'il est expérimenté

Le salaire annuel médian des ingénieurs est passé de 52 970 euros en 2010 à 54 000 euros en 2011, la plus forte augmentation depuis sept ans ! Ce sont surtout les salaires des anciens qui ont connu une hausse, rattrapant les modérations salariales de ces dernières années. Les jeunes ne bénéficient pas de cet élan. Comme si, après la crise, l'urgence pour les employeurs était surtout à la fidélisation de leurs ingénieurs expérimentés, plutôt qu'au recrutement de jeunes talents.
Banques, assurances et finances ne proposent un salaire médian « que » de 69 000 euros, derrière les industries extractives (75 000 euros) et la cokéfaction et le raffinage (72 000 euros).
Point noir dans ce tableau très rose : l'écart de salaire entre les hommes et les femmes persiste et s'accroît. Encore 6% de différence à l'embauche, alors que l'écart n'était « que » de 2,6% en 2009. Et jusqu'à 25% entre 45 et 49 ans, contre 15% deux ans plus tôt.
De plus en plus globe-trotter
L'internationalisation franchit un grand pas : le nombre d'ingénieurs travaillant hors de France augmente de 16% en un an. Ils sont désormais 105 000 à vivre à l'étranger, soit 15% du total. Une tendance tirée notamment par les jeunes diplômés : 25% d'entre eux décrochent leur premier emploi dans un autre pays (21% en 2010).
L'Allemagne n'arrive qu'en troisième position des pays les plus attractifs pour les ingénieurs. La Suisse occupe le haut du podium, suivie des États-Unis. La Grande-Bretagne et la Belgique se classent en quatrième et cinquième positions.









