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Captage du CO2 : au tour des petits industriels?

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CO2 captage
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Le projet européen Cocate va tester le captage et le transport mutualisés du CO2 vers un centre de stockage géologique distant. Un moyen de partager les coûts et donc, de ne plus cantonner la technologie aux grands industriels.

Les unités pilotes de stockage de CO2 se multiplient. Mais elles ne concernent pour le moment que les gros pollueurs. Les sites industriels qui émettent une quantité de gaz à effet de serre telle qu’elle justifie l’installation en propre d’un centre de captage. Des entreprises plus modestes (qui ne relâchent « que » quelques dizaines voire quelques centaines de milliers de tonnes de CO2) pourraient elles-aussi s’intéresser à la technologie si elles s’associent… C’est ce que va tenter de prouver le projet européen Cocate piloté par l’organisme public de recherche et de formation IFP (Institut Français du Pétrole). L’expérimentation sera lancée début janvier et devrait s’étaler sur trois ans.

Evaluer le risque et la capacité de mutualisation

Pour la France, seize industriels havrais vont participer au test. Avec plusieurs sites soumis à la réglementation des quotas européens (ETS), la zone industrialo-portuaire du Havre est la troisième région française émettrice de CO2. Chaque entreprise concernée sera reliée à un réseau de collecte basse pression. Ses fumées seront orientées vers des centres de traitement mutualisés dans lesquels on extraira le CO2. Celui-ci prendra alors la direction du port de Rotterdam puis, avec d’autres gaz collectés aux Pays-Bas, celle des champs pétroliers et gaziers de la mer du Nord pour le stockage géologique. Plusieurs solutions sont envisagées pour cette étape : une canalisation transportant le gaz à haute pression (au-dessus de 74 bars) ou une liquéfaction puis une réfrigération du CO2 et un transfert par bateau. Avec là encore deux hypothèses : une pression de 7 bars à -50°C ou une pression de 15 bar à -30°C.

Au niveau local, les tests porteront sur la stabilité des fumées et sur l’éventuelle corrosion des canalisations basse pression. Deux éléments essentiels pour analyser les risques et évaluer la durée de vie de l’infrastructure. Les experts du projet tenteront par ailleurs de calculer son dimensionnement optimal. Sur le réseau haute pression, c’est l'impact des impuretés du carbone qui sera étudié. Chaque technologie de captage présentant des paramètres différents, les résultats permettront de voir laquelle est la plus adéquate.

Au-delà de la faisabilité technique, le volet économique sera lui-aussi évalué (calcul d’un coût de revient, optimisation des investissements...). Un budget de 4,5 millions d’euros est alloué au projet. Dont trois de la Commission européenne.

Olivier Descamps

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