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Cap sur la valorisation des agroressources !

Par Claire Garnier (Picardie) - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2972

Valoriser les ressources végétales, c'est l'objectif du pôle « industrie et agroressources » lancé par la Picardie, puis étendu à Champagne-Ardenne.

P orté par les régions Picardie et Champagne-Ardenne, le projet de pôle « industries et agroressources » a l'ambition de créer de nouveaux produits et de nouveaux marchés en mobilisant les ressources agricoles des deux régions. Une ambition qui passe par la mise au point de procédés innovants - génie enzymatique et fermentation - permettant d'utiliser tous les composants de la plante et d'augmenter la valeur ajoutée dans l'assemblage des éléments végétaux. Le pôle est issu de la rencontre de deux « militants » de la valorisation du végétal. Ancien directeur de l'usine Tate & Lyle du Mesnil-Saint-Nicaise (Somme), Pierre-Marie Lamellière, porte la dimension industrielle du pôle, tandis que Daniel Thomas, Vice-président de l'UTC de Compiègne (Oise) et président de l'Association pour le développement de la recherche et technologie de Picardie (ADRTP), en est le pilier scientifique. Il a calculé que le pôle allait mobiliser 1 000 chercheurs (équivalent temps plein) appartenant pour moitié au secteur public et pour moitié au privé. Un projet qui s'appuie sur un « socle » autant agricole qu'industriel. Terre de grandes cultures agricoles, la Picardie est bien placée pour les céréales, la luzerne, le chanvre. Par ailleurs, elle représente, à elle seule, plus du tiers de la production nationale de betteraves, plus du quart de la production de pommes de terre et 20 % des légumes à cosse.

Les industriels ont répondu en masse - 250 entreprises partenaires ! - à « l'appel » de ce pôle qui vise à substituer les « agroressources » aux ressources fossiles, et ce, dans presque tous les domaines industriels. « Un très grand nombre d'entreprises sont impliquées car la démarche consiste à partir de la matière première, la plante, pour aller vers toutes les valorisations possibles », confirme Pierre-Marie Lamellière. C'est l'originalité d'un projet dont les applications couvrent des champs aussi variés que les biocarburants, la chimie, la plasturgie, l'industrie textile, la pharmacie, les matériaux composites, les cosmétiques, le bâtiment, la dépollution, sans oublier l'agroalimentaire.

Des partenariats scientifiques et technologiques

Les porteurs du projet soulignent le caractère « transversal » de cette valorisation du végétal, qui concerne autant une PME spécialisée dans les semences, qu'un groupe alimentaire, un groupe cosmétique, un groupe spécialisé dans les acides aminés, une coopérative agricole ou un groupe comme EADS qui fabrique les nez d'Airbus à Méaulte dans la Somme et s'intéresse à « l'agroressource » sous l'angle des lubrifiants. Enfin, à la jonction entre l'industrie et la recherche, la région héberge des centres de transfert de technologie, dont le Centre de valorisation des glucides (CVG) situé à Dury (Somme), qui fractionne le végétal pour l'obtention de molécules et principes actifs pour des applications alimentaires et non alimentaires.

Le pôle « industrie et agroressources » a dans ses cartons plusieurs projets de coopération. Parmi eux, le projet « Novanol » (estimé à 5,8 millions d'euros) vise à produire de nouvelles huiles en valorisant les fibres, les protéines et les mucilages (sucres polymérisés). Porté par les entreprises Laboulet semences et Linéa-Lin 2000, il implique une dizaine de partenaires scientifiques et technologiques. Des « projets importants » sont en préparation dans la filière biocarburants. Le premier implique l'usine d'Origny-Sainte-Benoite (Aisne) du groupe sucrier Teréos. Le second projet, qui porte sur les débouchés des dérivés d'oléagineux et relève de la chimie de spécialités, implique l'usine Novance (60 salariés à Compiègne) spécialisée dans la lipochimie et filiale de Diester Industrie (elle-même filiale à 66 % de Sofiprotéol et à 34 % d'une holding regroupant les organismes apporteurs et stockeurs de graines). « Avec les équipes de recherche de la région - Université technologique de Compiègne, Centre de valorisation des Glucides, etc. - nous voulons développer des produits et des procédés dans le secteur de la lipochimie à base d'ester méthylique d'huile de colza », indique Georges Vermeersch directeur innovation et prospective de Sofiproteol. L'ester qui entrerait dans la composition de futurs solvants, résines et lubrifiants, est produit par l'usine Robbe (52 salariés, Diester Industrie-Sofiprotéol) située sur le même site industriel.

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