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Cacophonie grecque : verbatims

Par Morgane Remy - Publié le
George A. Papandreou
© World Economic Forum

La crise grecque divise l'Europe, mais aussi la péninsule hellénique en elle même. En toile de fond des déclarations des décideurs politiques, la question du rôle du FMI et la volonté de l'Allemagne d'agir ou non rapidement.

La star du G20 de ce week-end à Washington? La Grèce bien sûr. Son déficit inquiétant, le taux de ses obligations qui battent des records, et le risque qu'encourt l'euro préoccupent à travers l'Europe et le Monde. Les langues se délient. Tour d'horizon.

Une europe "solidaire"

Lundi, le président de l'Union Européenne, Herman Van Rompuy, s'est déclaré lundi convaincu que l'Europe et la Grèce parviendront à surmonter la crise actuelle. "Mon impression est que, malgré le fait que nos problèmes sont loin d'être terminés, je suis convaincu que nous maintiendrons la stabilité de la zone euro", a-t-il dit dans un discours devant des étudiants de l'université de Kobe (ouest du Japon).

Pour la ministre française de l'Economie Christine Lagarde, aider la Grèce relève de la solidarité: "nous défendons le territoire de l'euro"."Lorsqu'une partie de ce territoire est attaquée, et que notre devise commune est sous pression, on est tous tenus d'être solidaires", a-t-elle poursuivi dans une interview au Journal du Dimanche avant de préciser que "cela en veut pas dire qu'il faille être complaisant".

Le porte parole de l’UMP, Fréderic Lefebvre, abonde en son sens : « Prêter de l’argent, ce n’est pas donner. Le prêt consenti à la Grèce est sous un certain nombre de conditions et nous demanderons un contrôle approfondi. C’est ce que réclament nos amis allemands et c’est ce que demande également la France. »

Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini est plus critique vis-à-vis de la position allemande : "Je suis préoccupé par la rigidité que l'Allemagne a montré" pour venir en aide à la Grèce, a affirmé M. Frattini à son arrivée à la réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Luxembourg.

Les conditions allemandes

Ainsi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, interrogé sur la chaîne télévisée ZDF, a affirmé dimanche : "Nous ne sommes pas prêt à faire un chèque en blanc". Lundi, à son arrivée à Luxembourg pour une réunion avec ses homologues européens, il a estimé : "Faire trop tôt des promesses d'aide concrète ne va que conduire à retirer la pression sur la Grèce".

Dimanche, Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, a affirmé au  journal dominical Bild am Sonntag : "Le fait que ni l'UE, ni le gouvernement (allemand) n'aient pris une décision pour l'instant, signifie qu'elle pourra être positive ou négative".

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé lundi que la sortie de la Grèce de la zone euro n’était pas une option, ajoutant que de tels propos semaient l’incertitude sur les marchés. Une précision importante au vu des demandes répétées à ce sujet en Allemagne. Le 18 mars, elle avait fait trembler la Grèce en annonçant que la zone euro devrait pouvoir exclure un de ses membres, en dernier recours, « lorsqu’il ne remplit pas les conditions, encore et encore» imposées par le pacte de stabilité.

Face à cette pression, le ministre des Finances Georges Papaconstantinou se veut rassurant. La Grèce annoncera des "mesures concrètes" pour réduire son déficit de "manière drastique" à l'issue des discussions en cours avec l'UE et le FMI, a-t-il précisé lundi. Le ministre a déclaré qu'il existait "une position commune qui est simple, c'est que la Grèce doit ces prochaines années diminuer ses déficits d'une manière drastique, contrôler sa dette et entreprendre toutes les réformes structurelles, afin d'avoir une économie compétitive". Une prise de parole plus posée après avoir affirmé, dimanche, à Washington, que ceux qui parient sur l'incapacité de la Grèce à honorer sa dette publique "y perdront leur chemise".

FMI, trop puissant?

Le chef de l'opposition conservatrice grecque, Antonis Samaras a accusé dimanche le gouvernement socialiste d'avoir "choisi" le recours au FMI."Le PASOK (parti socialiste au pouvoir) ment quand il soutient qu'il a été obligé de recourir au FMI, il n'a pas été forcé, il l'a choisi, il l'a rendu inévitable, il est absolument responsable", a déclaré M. Samaras dans un discours à Kalamata (sud), cité par l'Agence de presse nationale (ANA).

Le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, s'est ainsi posé en sauveur de la Grèce, tout en veillant à inclure l’Europe dans le processus. Il s’est dit, dimanche, à Washington, "convaincu" que son institution, le gouvernement grec et les Européens concluraient les discussions "à temps pour satisfaire les besoins de la Grèce"."Le FMI, les partenaires européens, et tout le monde impliqué dans l'effort de financement reconnaît la nécessité d'aller vite. Je suis convaincu que nous conclurons les discussions à temps pour satisfaire les besoins de la Grèce", a souligné le numéro un du Fonds.

Néanmoins, le président de la Bundesbank allemande, Axel Weber exprime son scepticisme : "Que le FMI soit actif en dehors de (son rôle) de financement des déficits courants en devise étrangère, c'est problématique. C'est un principe général, et cela ne concerne pas seulement le cas de la Grèce. Nous devons discuter du recentrement du FMI sur le cœur de son mandat", a déclaré M. Weber dans un entretien au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Morgane Remy


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