Câbles : Prysmian et Draka convolent
Le 02 juillet 2009 par Christophe Dutheil
Les deux groupes ont engagé des pourparlers pour un rapprochement. Une union les placerait en position de leader mondial sur le marché des câbles pour l'énergie et les télécoms. Devant le français Nexans.
Le groupe français Nexans – 6,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 23 500 salariés dans 39 pays en 2008 – va-t-il perdre sa première place sur le marché des câbles pour l'énergie (82,3% de son activité l'an dernier), les télécoms (10,6%) et l'électricité (6,8%) ? Cette question est sur toutes les lèvres au lendemain de l'annonce d'un possible rapprochement entre l'italien Prysmian (ex-Pirelli câble) et le néerlandais Draka (acquéreur des activités câbles et fibre d'Alcatel en 2007). Lesquels occupent respectivement la deuxième et la troisième place sur le marché des câbles : Prysmian (12 000 salariés dans 38 pays) a engrangé 5,1 milliards d'euros de revenus en 2008, tandis que Draka (10 500 salariés dans 30 pays) a généré 2,7 milliards d'euros.
Discussions « préliminaires »
Si rapprochement il y a, il s'agira d'une acquisition de Draka par Prysmian, payable en actions. Dans un communiqué laconique - visant à devancer toute fuite susceptible d'avoir une influence sur leurs cours en bourse - les deux groupes ont confirmé le 29 juin qu'ils ont engagé des discussions « préliminaires » en vue d'étudier un rapprochement. Ils rappellent que toute transaction à venir restera soumise à l'accord de leurs actionnaires et salariés respectifs.
Une chose est sûre pour l'instant : dans l'éventualité d'un mariage, Prysmian ne volerait pas seulement la vedette à Nexans. Il renforcerait ainsi considérablement ses activités dans les télécoms (26,7% du chiffre d'affaires de Draka avec 722 millions d'euros de chiffres d'affaires en 2008), l'énergie (37,8% de l'activité du groupe avec un milliard d'euros de revenus) et l'industrie (35,5% de son activité avec 960 millions d'euros).
Mais il reste à voir s'il y aura, ou non, d'autres prédateurs en embuscade pour s'emparer de Draka, en butte à un tassement de son chiffre d'affaires en 2008. Et pourquoi pas Nexans ? Son PDG déclarait en mai dernier à nos confrères des Echos qu'il entendait saisir certaines opportunités, « pour autant que les prix restent raisonnables » ?
Christophe Dutheil

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