ÇA ROULE AUSSI POUR LES AUTRES BIG THREE
Par PAR SARAH BELOUEZZANE ET CAROLE LEMBEZAT - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3251
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On les disait malades, les constructeurs américains sont toujours là. À coups de réorganisations, Ford et GM se sont positionnés sur les émergents et repris pied sur leur marché domestique.
Si Chrysler sort doucement du marasme grâce à Fiat, General Motors (GM) et Ford ont eux aussi retrouvé de leur superbe. La convalescence des deux autres constructeurs américains, constituant avec Chrysler le club des Big three, semble bel et bien finie. Trois ans après la crise qui a ébranlé Ford et terrassé GM, les deux industriels renouent avec les bénéfices. Ce dernier s'offre même le luxe de reconquérir sa place de numéro un mondial, détrônant un Toyota diminué par le tremblement de terre de Fukushima. Avec plus de 4,5 millions de véhicules vendus dans 120 pays, GM enregistre une hausse de 19 % de son chiffre d'affaires au second trimestre 2011. En janvier, l'entreprise affichait déjà quatre trimestres consécutifs de rentabilité. Une prouesse à relativiser lorsque l'on pense aux 52 milliards de dollars déboursés par le contribuable américain pour ressusciter le géant de l'automobile. Même accélération chez Ford. Les ventes du groupe, qui contrairement à Chrysler et à GM n'a pas demandé d'aides publiques, ont progressé de plus de 9 % au premier semestre 2011, passant de 2,6 à presque 3 millions de véhicules.
Comment expliquer un tel retour en grâce ? D'abord par les restructurations drastiques mises en oeuvre par les deux groupes. Contraint par l'État américain, GM a dû faire des économies à tous les niveaux : 40 000 postes supprimés depuis 2008 et 13 usines fermées ; revente de Saab, Hummer, Pontiac et Saturne. « GM a profité de la crise pour se transformer et opérer les réformes qu'il aurait dû faire bien avant mais que ses accords avec les syndicats l'empêchaient de mener à bien », explique Meissa Tall, analyste spécialiste de l'automobile au cabinet Kurt Salmon. Et d'ajouter : « Auparavant, leur stratégie était de laisser les sites pourrir et mourir avec le temps, alors que Ford a fait sa révolution avant que la crise n'arrive. »
Organisation et offre revues
En effet, chez Ford, on a été plus prévoyant. Dès 2006, l'entreprise a mis en place le « Way forward » (« La voie à suivre »), un vaste plan de réduction des coûts. Sous l'égide d'Alan Mulally, l'ancien patron de Boeing Commercial Airplane, le constructeur automobile ferme 16 usines, détruit plus de 50 000 emplois et revend ses filiales Jaguar, Land-Rover, Aston Martin et Volvo afin de se recentrer sur la marque Ford. Le nouveau patron ne s'arrête pas là, il obtient trois lignes de crédit bancaire d'un montant total de 42 milliards de dollars, ce qui lui permettra de passer la crise sans avoir recours à l'aide de l'État américain.
Les transformations structurelles opérées par les deux groupes, accompagnées d'une amélioration de l'organisation et d'un renouvellement de l'offre, se sont avérées payantes. Chevrolet, l'une des marques phares de GM, a par exemple adapté ses modèles aux nouveaux modes de consommation de ses clients. Dans son portfolio : la Volt électrique et la Cruze, un plus petit modèle, best-seller dès sa sortie.
Précurseur, le groupe Ford a mis en place la stratégie de la voiture « globale ». Inauguré avec la Focus, il s'agit d'un modèle unique pour les trois continents, légèrement adapté au marché local. « Avec 80 % de pièces communes, on joue sur des effets de volume et donc des économies considérables », assure un porte-parole du groupe.

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