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Budget de rigueur pour 2009-2012

16/07/2008
Coup d'envoi du débat d'orientation budgétaire à l'Assemblée nationale, qui se penche sur le budget de l'Etat pour les 3 ans à venir. C'est un budget de rigueur qui s'annonce et doit amener la France à l'équilibre d'ici 2012.
Budget de rigueur pour 2009-2012 C'est la première fois que le gouvernement prépare un budget pluri-annuel. Le débat , sans vote, a commencé hier à l'assemblée. L'exercice est délicat : réformer en profondeur tout en faisant des économies. Au jeu des réformes bon marché, la loi de modernisation de l'économie coûtera par exemple beaucoup moins cher que le paquet fiscal voté il y a un an.

La revue générale des politiques publiques menée à l'Assemblée est censée tailler dans les dépenses de l'Etat. Mais sa mesure phare, le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, qui implique que 30.000 postes de fonctionnaires (hors militaires) soient supprimés chaque année d'ici 2012, ne rapporterait que 400 millions d'euros. C'est bien peu par rapport aux 65 milliards d'euros que la France doit économiser si elle veut assainir ses finances d'ici là.

Fin 2007, le déficit public (Etat, Sécu et collectivités locales) était de 50,3 milliards, soit 2,7% du PIB. Objectif pour 2009 : réduire le déficit public de 0,5 points de PIB pour le ramener à deux points. Ce qui implique, en prenant pour argent comptant l'objectif de l'équilibre en 2012, de le réduire de deux points les deux années suivantes. Principale difficulté : l'inflation, qui a atteint le niveau record  de 3,6 % sur un an selon les annonces de l'Insee aujourd'hui, principalement du fait la hausse du coût des matières premières.

Priorités. A l'Assemblée, le ministre du Budget Eric Woerth a préparé mardi 15 juillet les esprits à "des contraintes extrêmement fortes" sur le budget pour les trois ans à venir. Il a confirmé l'objectif de supprimer 30.600 postes de fonctionnaires -dont 13.500 dans l'Education nationale- contre 22.900 dans le budget 2008. Le budget affiche tout de même quelques priorités: enseignement supérieur et recherche (+1,8 md d'euros, soit + 10% sur 3 ans), justice (+8,6% sur 3 ans)  et équipement de la Défense(+4,5% sur 3 ans) . L'Aide publique au développement de la France, elle, devrait augmenter de près de 5% sur trois ans. Quant au Grenelle de l'Environnement, il figure au titre des priorités... mais les crédits alloués à la mission "Ecologie" sont prévus en forte baisse (-9%) à l'horizon 2011.

Au pain sec. Concernant la Sécu (déficit prévu de 8,9 mds d'euros en 2008), le ministre a envisagé l'annonce de mesures d'ici la fin juillet pour "traquer les abus, les gaspillages, les dépenses inutiles ou redondantes", sur la base des propositions de la direction de la Sécu. Un certain nombre de secteurs prioritaires ou en difficulté devraient également voir leur enveloppe budgétaire fortement réduite dans les trois ans à venir : Agriculture et pêche (-10%),  écologie et développement durable mentionnés précédemment (-9%), travail et emploi (-14%), ville et logement (-10%) .

Impôts. Par ailleurs, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, ne prévoit pas d'augmentation d'impôts pour 2009. "Il n'est pas question d'augmenter les impôts", a-t-elle déclaré mercredi 16 juillet sur RMC et BFM-TV. "On raisonne à prévèlements obligatoires constants", a-t-elle ajouté.

Reste donc à savoir où l'Etat compte trouver les deniers manquants pour parvenir à un semblant de déficit zéro d'ici trois ans. Nicolas Sarkozy tente de convaincre les partenaires européens qu'il en fait une question de principe. Il va devoir tailler à tout va, dans un environnement économique bien morose.

Ana Lutzky

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