Brésil, Inde et Chine : encore 5 ans de succès économique (Euler Hermes)
Par Barbara Leblanc - Publié le
Les pays émergents Brésil, Chine et Inde devraient connaître une croissance économique pendant les cinq années à venir, selon les prévisions du spécialiste de l’assurance crédit Euler Hermes. Ils ne pourront pourtant pas compter sur la consommation de masse pour se développer.
Pour poursuivre leur boom économique de l’année 2009, la Chine, l’Inde et le Brésil (BIC) devraient s’appuyer sur les secteurs de la construction, des transports et de la chimie. Les besoins dans ces secteurs restent importants et offrent donc une grande latitude aux BIC pour accroître leur productivité.
Ces trois marchés ont encore du retard à combler pour atteindre des niveaux de développement équivalents à ceux des pays développés, malgré leur progression durant les dernières années. Par exemple dans le domaine de la construction. « Les dépenses en construction des BIC sont soutenues par une urbanisation croissante et des besoins internes, en retard significatif par rapport aux chiffres américains », précise Euler Hermes. En 2008, les dépenses par habitant dans le domaine de la construction étaient de 209 dollars en Inde et de 475 en Chine, alors qu’elles étaient de 3170 dollars aux Etats-Unis. Malgré tout, les BIC progressent, puisqu’en dix ans les dépenses en construction ont triplé. Dans le domaine de transports, la tendance serait identique. La Chine prévoit d’investir 300 milliards de dollars dans ses équipements ferroviaires d’ici à 2011, tout comme le Brésil qui construit une liaison à grande vitesse entre Sao Paulo et Rio, dont le coût est estimé à 20 milliards de dollars.
Confrontation avec l’OCDE
Dans certains secteurs, les trois pays semblent déjà pouvoir concurrencer les pays développés. La Chine dégage déjà un excédent majeur de sa balance commerciale dans le secteur des biens électriques et électroniques. Dans le domaine de la chimie, la production chinoise devrait rivaliser avec celle des Etats-Unis en 2015. Certaines entreprises pourraient même marcher sur les plate-bandes des multinationales de l’OCDE d’ici à 2025. Surtout dans les domaines de l’information communication et de l’aéronautique (au Brésil). « Nos entreprises doivent se préparer à être confrontées à de nouveaux concurrents, issus de ces pays, qui vont monter en puissance dans l’industrie automobile, aéronautique et chimique, et qui interviendront directement en tant que producteurs sur nos marchés », explique Michel Mollard, membre du directoire d’Euler Hermes.
Pas de marché de masse
Reste que l’assureur tempère la croissance de ces économies, qui restent selon lui en retrait par rapport aux pays développés, par exemple pour des produits à plus forte valeur ajoutée. « Les trois marchés vont systématiquement se retourner vers leur consommation intérieure dans les cinq prochaines années pour atténuer leur dépendance au moteur des exportations. Cependant, du fait de niveaux de richesse par tête durablement inférieurs à celui des Etats-Unis, ils ne se transformeront pas rapidement en marchés de consommation de masse », assure Karine Berger, chef économiste chez Euler Hermes.
L’assureur prend l’exemple du secteur automobile. Les marchés indiens et brésiliens connaissent un fort potentiel de croissance, notamment sur le low cost en Inde. Mais leur taille est encore largement embryonnaire, bien loin d’un marché de consommation de masse. Le cas de la Chine est à mettre à part, puisque le premier marché automobile du monde avec 14 millions d’unités contre 10,5 millions aux Etats-Unis en 2009, devrait connaître une croissance de 10% par an jusqu’en 2015.
Dans de nombreux secteurs, les consommateurs de ces pays disposent d’un pouvoir d’achat encore limité, ne leur permettant pas d’accéder aux produits développés par de grands leaders mondiaux.

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