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L'Usine de l'Energie

Bras de fer EDF-Areva sur le combustible nucléaire usé

Publié le

Depuis le 4 janvier, EDF a cessé d’envoyer à la Hague (Areva) son combustible usé, tandis qu’Areva ne livre plus à EDF « une partie du combustible ». Les deux groupes ne se sont pas mis d’accord sur les prix et les quantités pour 2010.

Bras de fer EDF-Areva sur le combustible nucléaire usé © DR

Faute de contrat pour 2010, les barres de combustible usé attendent sagement dans les piscines de refroidissement des 52 réacteurs des centrales nucléaires françaises que leur sort soit éclairci. Normalement, elles auraient dû être envoyées à La Hague pour retraitement. « Une partie de l’approvisionnement » est également gelée, explique EDF : on peut imaginer qu’il s’agit de combustible MOX issu de la Hague, mais ni Areva, ni EDF n’ont confirmé l’information (l'essentiel des livraisons d'Areva en combustibles nucléaires fabriqués à partir d'uranium naturel, indiquent Les Echos, actualisation le 19/01, NDLR).

Les discussions entre Areva et son principal client EDF sur « l’aval » du cycle (retraitement, recyclage, logistique…) sont au point mort. « Le dossier est en attente d’arbitrage à Bercy », indique Areva à l’Usine Nouvelle.com, indiquant qu’un accord interviendrait « avant la fin du mois ». EDF fournit près de 80 % des volumes traités à La Hague.

Pas d’urgence

Doit-on craindre que les piscines débordent de combustibles usés, du fait du gel de leur transport vers la Hague ? La première centrale à donner des signes de trop-plein serait celle du Blayais, et cela n’aurait lieu qu’en février 2011, dit-on de sources proches d’Areva et EDF. De quoi laisser le temps aux frères ennemis de négocier…
La bisbille n’est pas nouvelle. En février 2008 déjà, Areva et EDF n’avaient pas réussi à se mettre d’accord sur le nouveau contrat pluriannuel de retraitement de combustibles devant faire suite à celui qui expirait fin 2008. Pierre Gadonneix, alors patron d’EDF (remplacé par Henri Proglio en novembre dernier),  avait lors de négociations tendues  déclaré « qu'une solution serait qu'EDF devienne propriétaire de cette usine ». « Areva NC La Hague n'est pas à vendre et nous n'avons que cela à dire », avait alors rétorqué la direction de l'usine de retraitement de déchets nucléaires Areva NC de la Hague.

Dès lors, c’est l’Etat, actionnaire majoritaire des deux groupes, qui a arbitré. Mi-décembre 2008, un accord cadre, pour la période 2008-2040,  inscrit l’engagement par EDF de relever à partir de 2010 de 850 à 1.050 tonnes par an les quantités de combustibles usés retraités à La Hague, et de 100 à 120 tonnes par an les volumes de Mox. « Des volumes aujourd’hui rediscutés », indique Areva. Les deux groupes avaient alors accepté de prolonger les conditions 2008 en 2009, par un avenant, le temps de finaliser l’ensemble du contrat.
 
Avec le différend d’Eurodif (EDF ayant préféré envoyer son uranium de retraitement en Russie pour 2020-2011), toujours non résolu, celui de La Hague est donc le deuxième point chaud entre Areva et EDF sur les renouvellements de contrat.  Anne Lauvergeon a posé une question à peine menaçante devant les députés la semaine dernière : si le traité européen de Corfou, qui limite les importations russes en la matière à 20 % de nos besoins, n’est pas respecté, à quoi bon avoir dépensé 3 milliards d’euros pour construire l’usine GB II ?

 

La Hague doit essentiellement son activité à EDF

Spécialisée dans le traitement de combustibles nucléaires, l’usine Areva NC de la Hague (Manche) compte 3 200 salariés. 80 à 89% de ses revenus viennent des commandes d’EDF. En 2009, le contrat avec EDF sur l’aval du cycle portait sur environ 800 millions d’euros par an pour le seul retraitement à La Hague. Reste que l’usine a récemment beaucoup investi : un quatrième entrepôt de stockage de déchets vitrifiés radioactifs à 70 millions d’euros en octobre, un «creuset froid» à 200 millions d'euros en juin (une nouvelle technologie pour vitrifier les déchets nucléaires à une température jusqu'alors jamais atteinte, de plus de 1 200°C contre 1 100°C), et des démantèlements sont à venir. Les quatre installations nucléaires de base de la première usine de la Hague, mise en service en 1967, doivent être déconstruites. Le démantèlement de l’une d’elles a eu son feu vert en août dernier. Trois autres suivront, afin que l’ensemble de la première usine, arrêtée depuis 2004, soit déconstruit d’ici à 2033. L’ensemble du chantier représente environ 100 millions d’euros d’investissements annuels jusqu’à l’échéance du chantier.

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